dimanche 16 septembre 2007

CONSTRUCTION DE SA TOMBE PAR LA REINE

EPISODE N°1 : A L’ENDROIT

LA REINE CONSTRUIT SON ARC DE TRIOMPHE

Je l’avoue sans honte : je suis un vieux socialo. Vieux parce que pas jeune, mais aussi parce que je le suis depuis longtemps. Mitterrandien pas mitterrandolâtre mais convaincu, jospinien encore moins idolâtre (comment l’être?) mais tout aussi convaincu. Mais bon, pas de Lionel possible à l’horizon, il faut donc choisir ailleurs.

Les héros attendus :

Fafa, le grand homme, ou plutôt: LA capacité à penser la politique. Mais que de déceptions ! et ce mépris pour tout ce qui ne sort ni de Normale Sup ni de l’ENA ou l’équivalent. Et puis il y pense depuis si longtemps : en a-t-il encore vraiment envie : le temps et le désir, on pourrait en dire des choses sur ce sujet !

DSK, si intelligent, si charmeur. Tellement qu’il charme sans arrêt. Heureusement qu’il y a Anne (elle a du courage … mais bon, on ne va pas commencer à être indiscret, pas tout de suite), sinon la présidence, il n’y aurait pas plus pensé que ça. Mais il s’est mis à y penser et je me dis : pourquoi pas lui ? intelligent, compétent, ouvert, pas haineux, une vraie culture mondiale. Et il a été un si bon ministre de l’économie.

La sortie du bois : Ségolène est là

Et là dessus : Ségolène sort du bois. On se demandait si elle le ferait : elle le fait. Remarquez, il y en a qui ont prévenu. En 91, un conseiller de Matignon qui avait travaillé avec elle pendant presque 10 ans disait au Premier ministre : « Elle sera candidate, personne, pas même François, ne pourra l’en empêcher. » On l’avait écouté avec un peu de scepticisme, mais on avait quand même retenu. Entre temps elle est devenue la Zapatera. On ne sait pas si c’est un compliment quand on voit Zapatero et son sourire ravi, mais le résultat est là : il a gagné. Est-ce un présage ?

Elle avance, rayonnante et triomphante

Il faut voir comment elle avance : elle rayonne et on se précipite pour la soutenir. Elle est expérimentée, dans le paysage depuis des années et nous la voyons toute nouvelle. Mère de famille et pourtant virginale. A coté d’elle, les autres font tellement rassis, c’en est effrayant. Vieille et neuve à la fois !

D’ailleurs nous n’avons pas seulement peur des rassis. Nous avons encore plus peur du Sarko/karcher, du Sarko/sécurité à tout prix, du Sarko/Neuilly aux petites combines fiscales (sans parler des pas petites dont on ne parle pas), du Sarko/Cecilia (chut ! plus tard) qui rassemble si bien la vraie droite normale, mais aussi cette droite qui transpire le venin, la haine, la peur d’être privée de son bien, gros ou petit. Alors le vote neuf, le vote utile, ça tente.

Des bataillons de vieux socialos se lèvent et disent : ça vaut le coup d’essayer, non ? Et des foules de socialos pas encore vieux se lèvent aussi. Et comme le Parti, qui normalement coûte cher, fait des soldes, ils entrent en masse. On ne peut pas dire qu’ils sont partout bien accueillis ! ça non, mais ils sont là par dizaines de milliers. Ca n’égale pas encore les régiments des social-démocraties nordiques mais, à l’échelle des maigres effectifs français, ça fait foule ! Et ça débat, et surtout ÇA VOTE ! Et Ségolène gagne.

Elle démarre super bien

La route s’ouvre. Les éléphants ne l’ont pas piétinée. Les débats participatifs se multiplient par dizaines, par centaines et ça participe vraiment. A côté des débats passionnels mais amidonnés des sections socialistes, ça vit incroyablement. C’est spontané, les gens parlent avec leurs mots de tous les jours, leurs hésitations, leurs accents , leurs ébauches de solutions impensables : ça vit.

Il y a aussi l’afflux des experts : des fonctionnaires, des universitaires, des intellectuels : ils deviennent les "groupes ressources" (pourquoi faire simple ? parce qu'officiellement les experts, ce sont justement les non experts). Ils se préparent à travailler (ils se préparent toujours d’ailleurs : ça n’a pas commencé). Quand Ségolène est là, les réunions deviennent carrément mystiques. Les regards se nimbent d’adoration, les femmes sont émues et les hommes sourient aux anges. A la sortie de ces réunions, chacun marche sur son petit nuage rose.

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