dimanche 16 décembre 2007

SACHEZ NAGER EN CONDITIONS EXTREMES ! images

NOUVEAU ! EXCLUSIF !

LA BRIGADE FLUVIALE

DE PARIS

VOUS PROPOSE :


INITIATION A LA

NATATION

ANTI-STRESS

Pourquoi cette offre ? Tous les élèves de France apprennent à nager. D’accord, après 6 ans de lycée et de collège, ils savent barboter en eau calme.

Mais :

NOUS VOUS LE DEMANDONS :


L’EAU EST-ELLE TOUJOURS CALME ?


BIEN SUR QUE NON ! Les TSUNAMIS, ça existe. Les DENTS DE LA MER, ça existe. Alors que fait un élève qui a appris à nager en piscine avec un maître-nageur qui hurle : « fais gaffe, tu vas cogner un pote ! », « cours pas sur le bord, tu vas tomber ! », « prends pas des palmes, t’iras trop vite ! », quand d’un seul coup il rencontre les DENTS DE LA MER, quand d’un seul coup IL RENCONTRE LE TSUNAMI ?? Il a pas une chance, pas une seule !

Nous LA BRIGADE FLUVIALE

DE LA PREFECTURE DE POLICE DE PARIS,

des vrais pros de la nage en toutes circonstances,

ON VOUS LE DIT :

IL SE NOIE !

Alors, fidèle à notre mission de prévention, à notre volonté de nous immerger dans la nation, à notre volonté de proximité, à notre mission de service public pas encore privatisé, ON VOUS FAIT UNE PROPOSITION :

APPRENEZ A NAGER

EN SITUATION DE STRESS !

Notre proposition :

1° La surprise : vous ne vous y attendez pas, vous tombez dans l’eau. APPRENDRE A REAGIR A L’INATTENDU !

2° L’hiver : de décembre à février l’eau est froide, vous tombez dedans, elle vous fait un choc thermique. APPRENDRE A RESISTER AUX CONDITIONS EXTREMES !

3° La peur : vous ne tombez pas : on vous jette à l’eau. Et pour être sûr que vous avez peur, celui qui vous jette à l’eau porte un casque, un bouclier, un tonfa, un taser, un pistolet, des menottes et en plus il s’est fait une tronche de loulou de banlieue. APPRENDRE A RESISTER A LA PANIQUE !

4° La sécurité : nous BRIGADE FLUVIALE nous sommes là, dans l’eau, avec nos combinaisons qui nous protégent du froid, prêts à vous secourir si vous coulez. On vous le promet :

ON VOUS FERA PAS LE MEME COUP

QU’AUX ALGERIENS DE 1961,

ON VOUS REPECHERA !

EN RESUME :

- UN COURS,

- DES PROFESSIONNELS COMPETENTS,

- TROIS STRESS,

- UNE ASSURANCE DE SURVIE.

LE PIED, QUOI !



DEMONSTRATION :





dimanche 9 décembre 2007

SEGO, TU M'AIMES !

SEGOLENE


JE SUIS TA PLUS BELLE HISTOIRE

D’AMOOUUUR !!!

(tu me l’as avoué, quelle émotion !)


MAIS …


ES-TU SURE D’ETRE

LA MIENNE ???


(j’avoue : je m’interroge même pas)

samedi 1 décembre 2007

INVITATION PAR NICOLAS SARKOZY

MOI
Nicolas SARKOZY

Président de la République,

Peut-être encore avocat
Ancien ministre de multiples ministères
Ancien député des Hauts de Seine
Ancien maire de Neuilly sur Seine


Ai le plaisir de vous inviter à la cérémonie de débaptisation de la

Place de l’Hôtel de Ville de Neuilly-sur-Seine

Rebaptisée

PLACE GUY MOCQUET
Héros de la Résistance et la Sarkozye réunies

(je sais, c’est difficile à concevoir, mais je l’ai réussi)
Si vous n’êtes pas libres ce jour-là, ce n’est pas grave : cette cérémonie inaugure une longue série qui me permettra de rebaptiser de nombreuses rues portant le nom de non-héros de droite dont je n’ai pu mentionner les œuvres oubliées au profit des hommes de gauche que je suis tant amusé à citer à contre-emploi (mais comme ils sont morts depuis longtemps, ils ne peuvent pas protester)

mercredi 28 novembre 2007

VIVE LE POUVOIR D'ACHAT

PROJET DE LOI

RELATIF A L’AMELIORATION DU POUVOIR D’ACHAT

DES FRANCAISES ET DES FRANÇAIS




Françaises, Français, immigrés en situation régulière et de plus honnêtes et propres (je n’hésite pas à citer mes ministres quand ils pensent comme moi, n’est-ce pas Brice ?), vous m’avez élu par 53% des voix pour apporter des solutions à vos problèmes et pas pour commenter l’actualité, comme le faisait le roi fainéant qui m’a précédé. Vous avez d’ailleurs remarqué que je sais ne pas commenter l’actualité et que je n’ai pas dit un mot pendant les grèves qui vous ont si bien occupé ces derniers temps. Eh bien, j’ai observé en lisant d’un œil distrait les vingt-sept sondages que mes grands conseillers et mes petits ministres me communiquent quotidiennement, j’ai observé dis-je que vous avez un gros, gros souci : votre pouvoir d’achat. Eh oui, vous avez envie de gagner plus ! Et vous avez raison ! Vous seriez d’accord pour travailler plus, mais il faudrait qu’il y ait du travail à faire. Et vos employeurs qui peuvent maintenant vous ordonner de faire des heure supplémentaires en dépensant moins ne le font pas. Les pauvres, ils n’ont pas encore réussi à mettre au point des programmes de paie adaptés aux extravagances que mes fonctionnaires ont inventées. Rassurez-vous : à la fin de mon mandat, il y aura beaucoup moins de fonctionnaires et ceux qui resteront n’auront plus le temps d’inventer des systèmes compliqués. Remarquez, ils n’auront pas non plus le temps de vous faire des cours (vous mettrez comme moi vos enfants dans des écoles privées), ni de vous soigner (vous vous ferez comme moi soigner à l’Hôpital américain de Neuilly). Mais je m’égare : je vous parle de ce qui se passera dans 5 ans ou dans 10 ans parce que vous m’aurez évidemment réélu alors que ce qui vous intéresse, c’est votre pouvoir d’achat d’aujourd’hui, enfin je veux dire de demain matin. Alors j’ai décidé d’agir tout de suite et j’ai rédigé tout seul dans mon grand bureau presque aussi doré que ma chaîne, ma gourmette et ma montre un projet de loi que mes gugusses de l’UMP (et aussi du Nouveau Centre, si, si, ils existent) vont voter vite fait parce que Coppé va leur dire que sans ça ils se feront écrabouiller aux municipales. Alors comme je ne suis pas fonctionnaire, l’ENA je n’y ai même jamais pensé (d’ailleurs mes profs de Sciences Po n’y ont pas pensé pour moi), mon projet reste très simple. Mon secrétaire particulier qui se fait quelquefois appeler le Premier ministre de la France va le porter dès ce soir à l’Assemblée mais je vous le communique en priorité parce que c’est vous qui m’intéressez. Evidemment : c’est vous qui me réélirez.

PROJET

Article 1 : Le pouvoir d’achat des Françaises, Français, immigrés en situation régulière et de plus honnêtes et propres va augmenter

Article 2 : Dans ce but, les salaires vont être indexés sur l’évolution du salaire du Président de la République (je parle seulement des salaires parce que pour les dividendes j’en ai déjà tellement fait qu’ils ont augmentés encore plus que mon salaire).

Article 3 : Cette augmentation prend effet avec effet rétroactif à la date à laquelle vous avez eu le bon sens de m’élire parce que l’autre, elle était vraiment trop nulle.

Article 4 : L’INSEE est chargée de calculer mon pourcentage d’augmentation puisque personne, sauf moi, en sait précisément si c’est 140%, 170% ou 202%.

Article 5 : A titre de rémunération complémentaire et non imposable, le logement des Françaises, Français, immigrés en situation régulière et de plus honnêtes et propres sera pris en charge par la République, mais sans les domestiques qui vont avec parce qu’il faut bien qu’on ne me confonde pas avec vous.

Article 6 : A titre encore plus complémentaire, les Françaises, Français, immigrés en situation régulière et de plus honnêtes et propres auront droit une fois par an de partir en vacances sur un avion de la République à la condition expresse d’emmener avec eux

- leur maman (et leur papa s’ils s’entendent bien avec lui)

- le plus jeune de leurs enfants avec sa maman ou sa remplaçante

- un ou une représentant de la diversité répondant aux conditions de régularité, honnêteté et propreté définie par mon ministre des immigrants que je ne veux pas voir devenir immigrés.

Article 7 : Pour financer tout cela, les chefs d’entreprise joueront à l’Euro million chaque semaine entre la 34ème et la 35ème heure de travail. Les jours de RTT ne les dispenseront pas de cette obligation. Le montant des enjeux sera déductible du bénéfice imposable de l’entreprise.


Françaises, Français, immigrés en situation régulière et de plus honnêtes et propres, vous avez compris tout l’intérêt de mon projet et je suis sûr que vous me témoignerez votre reconnaissance dès le prochain sondage.

SARKOZY Nicolas

Egalement connu sous l’appellation de Président de la République

Pom pom pom pooom, en rythme avec les tambours et les trompettes de la Garde républicaine

L’écran de TF1 laisse place à la publicité. Non je veux dire : laisse place à une deuxième publicité

dimanche 25 novembre 2007

SARKOZYYYSME ET NERVOSIIISME

SARKOZYYYSME ET NERVOSIIISME

UNE VIEILLE NERVOSITE

Voilà longtemps que nous sommes familiarisés avec les manifestations de nervosité de notre encore jeune (meilleure manière de dire qu’il ne l’est plus tant que ça) Président qui a été élu par 53% des Français pour résoudre les problèmes et pas pour commenter l’actualité.

Crispation des zygomatiques sur un sourire automatique à coté duquel le visage de Jacques Chirac, malgré ses 25 ans de plus, semble un modèle de mobilité. Manie de taper frénétiquement sur l’épaule de ses interlocuteurs, surtout ceux qu’il n’aime pas (pour résister à la tentation de les escagasser ?). Secousses nerveuses du cou pour se dégager de cols de chemises pourtant coupées sur mesure. Jogging compulsif aux foulées heurtées et sans allonge (’effort de ses gardes du corps pour se contraindre à la petite foulée pour ne pas le laisser sur place !),. Pour le vélo, je ne sais pas, je l’ai jamais vu pédaler mais j’imagine que, vue de dos, la gesticulation doit être savoureuse.

Dans la série nerveuse, il y a aussi l’intempérance verbale. Supposons, pour être gentils, que « karcher » et « racaille » soient des dérapages contrôlés pour cause d’électeurs à conquérir aux dépens de non-électeurs. Mais que dire de ses célèbres colères décibélesques contre ses proches collaborateurs et de la profusion de noms d’oiseaux (pourquoi qualifier du nom de ces charmantes bestioles des injures ??) dont il les gratifie, « connards » étant le plus doux. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose que quand il dit de ses ministres en leur absence « Tous des nuls » ; Ces gens-là s’adorent, c’est bien connu, et la mégalomanie ne se confond pas avec le nervosisme en croissance exponentielle.

Mais après tout à chacun son tempérament et si de dignes préfets, conseillers d’Etat, anciens ou actuels ministres y trouvent une satisfaction qui leur évite un coûteux recours à des dominatrices tout de cuir et vinyle revêtues, pourquoi pas ?

MAIS CA S’AGGRAVE, NON ?

Mais reste-t-on dans le même registre quand notre Président recevant une grandissime journaliste américaine s’emporte devant elle sur l’inopportunité de ce rendez-vous, pourtant clairement inscrit sur son agenda et, l’écouteur déjà vissé dans l’oreille (eh oui ! notre président a l’anglais hésitant), traite son porte-parole d’imbécile après l’avoir interpellé sur son âge mental ? Et quand il plante là la journaliste qui ose, malheureuse américaine peu rompue à nos pratiques courtisanes, insister sur le sujet brûlant qui passionne tous les magazines (et, je l’avoue : moi aussi, les bleus à l’âme et ailleurs de Cecilia, ça me passionne) qu’il a courtisé pendant des années, un peu de glamour en quadrichromie pouvant humaniser la férocité de son ambition ?

Et quand, à bord d’un modeste bateau sur un lac américain (combien de cv ? 500 ? 800 ? pour transporter l’angineuse Cecilia et l’aguichante Rachida (la belle de Cadix aux yeux de velours …) il menace des journalistes américains, pas vraiment paparazzi mais habitués à filmer raisonnablement leur propre président, de leur casser la gueule ?

Et quand il va affronter (manière de parler : il leur a dit par avance qu’ils avaient raison de se révolter parce que, eux, c’est légitime) les pêcheurs, que l’un d’eux l’injurie (« enculé », c’est pas vraiment pire que connard, non ?) et que le Président, dans toute sa majesté de représentant de la France éternelle - la preuve : la muraille de gardes du corps qui l’entoure - lui braille : « descend si t’es un homme », ils sont où les nerfs de ce Président (élu par … ), ou plutôt ils sont dans quel état ? Et notre Etat, il risque quoi avec l’état des nerfs de ce Président ?

Est-ce qu’on s’arrête là ou on pose la cerise sur le gâteau ? Allez, va pour la cerise, en hiver ça ne peut pas faire de mal. Le 21 septembre, devant le Premier ministre irlandais, et donc devant des témoins (interprètes, conseillers diplomatiques …) puis le 3 septembre devant le Premier ministre suédois (donc là aussi avec témoins), il se lance dans un grand discours sur les musulmans. Mais ce n’est pas le fond du discours qui nous intéresse ici (encore que ça le mériterait, mais on ne peut pas tout faire en même temps), c’est la forme. Ceux qui parlent de cet entretien, que disent-ils : un Sarkozy nerveux, qui contrôle mal ses mouvements, qui bafouille, qui s’embrouille. Et attention : ceux qui racontent ne sont pas des journalistes d’opposition qui pourraient avoir très envie de forcer le trait : ça sort des cercles de diplomates (d’accord, y a aussi des langues de vipères parmi eux), mais deux cercles différents qui n’ont aucune raison de vouloir noircir le tableau.

LA NERVOSITE ET LE BOUTON ROUGE, CA NE FAIT PAS BEAUCOUP ?

Valium, Temestat, sexotherapie ? que lui faudrait-il pour retrouver un peu de calme ? Pas l’inertie à la Chirac, non, simplement un peu de calme pour qu’on ne s’inquiète pas des boutons rouges qui sont à portée de sa main droite.

25/11/2007

JEUNES DE BANLIEUE, DEGUISEZ-VOUS !

JEUNES DE BANLIEUE

DEGUISEZ-VOUS !

Jeunes de banlieue, vous mettez le feu à la 206 rouillée de votre voisin de palier. La BAC vous court après et quelquefois elle vous rattrape et hop ! le juge et la taule. Est-ce que ça vaut vraiment?

Jeunes de banlieue, vous incendiez la vieille école où vous avez crevé d’ennui pendant quelques années. Les CRS vous coursent, vous coincent, vous cognent (un peu, beaucoup moins que ceux de la bande d’à côté), et hop ! le juge + la taule + des dommages intérêts écrasants pour vos parents. Est-ce que ça vaut?

Franchement ça vaut pas, si vous voulez mon avis. Vous voulez mettre le feu à bien plus gros qu’une tire pourave ? Vous voulez saccager beaucoup plus beau qu’une maternelle avec les jolis dessins de vos petits frères sur les murs ? Je vous donne la solution : changez de tenue ! Habillez-vous en pêcheurs, déguisez-vous en agriculteurs : ça change tout et c’est facile.

En pêcheur ? Vous enlevez le sweat et la capuche (vous inquiétez pas, y a pas de risque de prendre froid). En bas, vous mettez un pantalon en toile épaisse, bleu marine. Au-dessus, un pull à col roulé en grosse laine, bleu marine. Tout en haut un bonnet en grosse laine, bleu marine. Par-dessus tout ça un ciré, jaune vif. Pour être tout à fait crédible, il faut picoler, mais attention : vraiment picoler, du rouge qui tâche et de la gnole. Si vous êtes pas bourrés pour faire le cirque, on vous prendra jamais pour des pêcheurs. Et là vous avez tous les droits. C’est pas moi, c’est le Président, celui qui a été élu par 53% des Français pour résoudre les problèmes, pas pour commenter l’actu, qui le dit. Je cite : « Chez les marins, quand on manifeste, quand on recourt à la violence, c’est jamais pour se distraire, c’est jamais pour nuire à autrui, c’est parce qu’on est désespéré, c’est parce qu’on a plus de recours ». Je suis désolé, mais par écrit je peux pas faire l’accent ni les tics.

Et donc, habillés en pêcheurs, bourrés comme des pêcheurs, vous manifestez et vous faites des feux grandioses : brûler des dizaines de pneus devant un grand dépôt d’essence, ça n’a pas plus de gueule qu’une minable Clio ? Alors vous vous inquiétez: « Mais si c’est plus gros, si c’est plus dangereux, ça va être encore plus relou avec les keufs ? » Eh bien non justement ! D’abord pas de BAC, elles sortent pas sur ces coups-là : forcément les pêcheurs c’est pas des criminels, c'est pas comme vous ! Y aura des CRS, forcément, mais pas d’inquiétude : respect ! Attention : pas respect de vous pour les CRS. Non : respect des CRS pour vous. Vous verrez, ils resteront garés à 200 mètres. Quand ils descendront de leurs cars, ils laisseront dedans casques, matraques, flashballs : ils voudraient pas vous faire croire à une provoc. Et quand vous repartirez après la manif, ils feront dégager la route pour que vous soyez pas dérangés. Et si vous voulez vraiment faire des dégâts, rappelez-vous : 3.000 pêcheurs à Rennes, une après-midi de manif, le Palais de Justice incendié, 360 millions de dégâts. Et votre essence pour vos 2-roues ou pour la BMW fauchée, bravo: réduction assurée, presque autant que pour l’ISF. Tout benef : le plaisir, le spectacle, la tune.

Et maintenant en agriculteurs. Même chose, il faut se déguiser. Vous avez droit à plus de fantaisie, ils sont pas tous habillés pareils. Mais attention, jamais le sweat et la cagoule. La casquette, c’est bien et y a des tas de modèles différents. Mais c’est important : il faut louer des tracteurs. Ca se trouve, des tracteurs à louer. Google vous dira où et si c’est pas en saison de gros travaux c’est franchement pas cher. Et attention aussi : il faudra changer d’accent. Le « R » bourguignon ou corrézien ça ressemble pas du tout au « R » beur, mais vous aurez le droit de continuer à parler fort. Picoler un peu aussi, c’est pas mal, mais pas autant que pour faire pêcheur.

Et alors là, vous pouvez y aller franco. Vous manifestez d’habitude devant le commissariat miteux de votre commune ? devant la mairie ? Minable ! Si vous êtes paysan (déguisé en), vous allez directement à la sous-préfecture, ou même à la préfecture. D’habitude vous balancez juste quelques cailloux ? Là vous pouvez balancer des tonnes d’ordures (forcément, vous êtes pas des vrais paysans, donc vous avez pas des tonnes de fumier, donc vous videz les poubelles, ça ressemble). Mais il y a quand même un risque : quand vous serez juste devant la préfecture, les gendarmes et les CRS vous taperont dessus, mais juste une bonne baston et des lacrymo, rien de grave. Mais si vous restez à 50 mètres, pas de blème : ils bougeront pas. Et s’ils en arrêtent quelques-uns uns, rien à craindre : pas de raclées, pas d’injures, pas d’invitation à rentrer au bled, juste deux-trois heures de garde dans leurs cars pour que ça se calme et en plus ils vous offriront à boire (forcément, dans les cars ils s’ennuient, alors ils boivent).

Si vous êtes vraiment en forme, vous pouvez faire mieux : vous pouvez vous faire un vrai bureau de ministre. Vous vous rappelez Dominique Voynet ? elle était ministre de l’Environnement, ministre de rien du tout quoi, mais ministre quand même, avec un vrai bureau de ministre, tout beau, des beaux meubles, des beaux tableaux. Eh bien les paysans, ils sont entrés, ils ont tout cassé, jeté tous les papiers et les ordi par la fenêtre et ils se sont tirés ! Les keufs, ils étaient juste à côté : ils en ont pas arrêtés un seul. Les juges, ils étaient pas très loin non plus : ils en ont pas jugé un seul. Les paysans, ils sont rentrés chez eux et ils se marrent encore quand ils se racontent ça en buvant un coup.

Jeunes de banlieue, un conseil, un bon :

faites pêcheurs, faites agriculteurs.

Y a pas plus d’avenir, mais c’est cool avec Sarko :

eux c’est pas de la racaille, y a pas besoin de karcher

15/11/2007

LES SOUS DU PATRONAT

ET

LAURENCE, LA PERDRIX DE L’ANNEE

Ah Laurence, qu’il est beau d’avoir réussi à être fille de patron, patronne toi-même et élue à la présidence du MEDEF et, en même temps, d’avoir conservé cette fraîcheur incroyable (incroyable ? ça doit être le mot juste) ! Franchement, j’admire !

Laurence, tu découvres avec stupeur que l’UIMM a une caisse noire. Tu t’indignes : « Ces pratiques sont dégradantes, répugnantes. » C’est beau une si sincère indignation. Très beau. Que tu dois en vouloir au grand Ernest-Antoine, le petit Ernekind, de t’avoir caché tout cela quand il t’a proposé de lui succéder (toute seule, tu n’avais pas eu l’idée d’un tel destin, n’est-ce-pas ? tu es bien trop modeste, bien trop pudique). Il te soutient dans ta campagne.

Pour cela il trahit ce monde de la métallurgie qui a fait la fortune séculaire de sa famille, il abandonne l’UIMM où il a si longtemps trôné dans la coulisse et quelquefois à l’avant-scène, où tout le monde le saluait avec respect : vous pensez, l’homme qui a su arracher des milliards de subventions pour sa sidérurgie gérée en dépit du bon sens - à sa décharge, l’Etat l’a bien aidé à se tromper -, qui a réussi à supprimer des dizaines de milliers d’emplois sans bourse délier puisque l’Etat (je veux dire : vous, moi, chacun de nous) a tout payé, a réussi à faire nationaliser son gouffre et à garder tout ce qui avait de la valeur, châteaux ou entreprises. Bravo l’artiste et merci Giscard/Barre, les amis des prolétaires.

Donc, pour en revenir à toi, Laurence, cet artiste éminent de la finance ne t’a en rien prévenu des turpitudes du patronat ! Admirable discrétion, et toi tu ne t’étais doutée de rien. Tu n’étais membre du conseil exécutif du MEDEF que depuis deux ans quand tu as accédé à la Présidence, un délai bien trop court pour avoir jamais entendu parler de quoi que ce soit sur les circuits financiers du syndicalisme patronal, du syndicalisme ouvrier, du monde politique français. Bravo Laurence, devenir présidente du Medef en ayant réussi à rester une oie blanche, voilà une vraie victoire pour le féminisme : comme les hommes, tu as eu le droit à l’ignorance et à la réussite. Enfin l’égalité !

SEGOLENE AVOUE !

SEGOLENE AVOUE :

« IL FAUT TOUT CHANGER AU P.S. »

Y COMPRIS ELLE ?

Enfin un aveu de la si-silencieuse Ségolène dont nous attendons tous avec une impatience sans cesse croissante le livre de réflexion (?) critique (oui, elle sait comment ça s’écrit) qui était promis pour le mois de septembre. Alors, à Rome, sous une magnifique tapisserie, elle confie : « Il faut tout changer au P.S. » Reconnaissons-lui une qualité : elle ne dit pas « changer de logiciel », elle ne nous prend pas, elle ne se prend pas pour un ordinateur. Il faut dire qu’elle aurait dépassé le niveau admissible de bugs. Alors faut-il aller jusqu ‘à changer de candidat(e) pour 2012 ? Avouera-t-elle que la seule responsabilité que nous lui avons confiée était de battre son, notre adversaire ? et que depuis sa brillante déconfiture (et la nôtre, beaucoup moins brillante) elle n’en a plus aucune à part le développement en Amérique du Sud du chabichou.

14/11/2007

L’UIMM, CEUX QUI OUBLIENT, CEUX QUI SE SOUVIENNENT

L’UIMM

CEUX QUI OUBLIENT, EUX QUI SE SOUVIENNENT

600 millions d’€ dans la caisse noire, non : dans la caisse de solidarité, la caisse du RMI pour patronat en somme. 20 millions retirés en liquide : j’imagine, j’essaie de calculer le volume de billets que ça représente. Parce que l’argent liquide, ça se distribue pas en billets de 500 € : aucun commerçant ne les prend. Imaginons 20 millions d’€ en billets de 20 € : 2 millions de billets ! une surface de 2.734.000 m2, mis bout à bout : 2.640 km de longueur, Paris-Moscou sur un tapis de billets de 20 €. Le patronat du 19ème siècle mettait l’argent dans des lessiveuses. AU XXème et au XXIème, il a quand même dû passer à l’attaché-case : 2 millions de billets, ça fait combien d’attachés-cases ? J’aimerais faire un petit rêve : les attachés-cases qui arrivent en file chez moi, qui s’amoncellent dans l’entrée, dans ma chambre, dans ma pièce de séjour. Mmmm, je me sens une âme de vieille machine grippée qui a terriblement besoin d’être fluidifiée.

LES SYNDICATS ONT BESOIN DE SOUS

Plus sérieusement, les syndicats de salariés ont besoin d’argent : les adhérents se sont évaporés et ceux qui restent cotisent irrégulièrement. Les immeubles et les permanents, eux, sont restés et ça coûte. Même chose pour les syndicats patronaux : eux aussi voient les adhérents s’évaporer. Les milliers d’entreprises du textile, de la fonderie, de l’équipement automobile, de la chimie, de la sidérurgie, de l’électronique disparues et leurs emplois recréés en Chine, au Mexique, en Lettonie, en Tunisie, ça fait des cotisants en moins. Payer des juristes pour pouvoir défendre ses adhérents, ça coûte. Diffuser des journaux, des revues, ça coûte, surtout quand elles n’ont pas de lecteurs. Donc il faut aller chercher de l’argent ailleurs que dans la cotisation volontaire. Il y a bien le ministère du Travail et son budget aux multiples lignes illisibles, ce qui est bien utile. Il y a les organismes de formation professionnelle, les caisses de sécurité sociale, les services de l’UNEDIC, cette inépuisable floraison d’organismes paritaires aux missions si vastes, si débordantes d’humanisme qu ‘elles sont toujours à court d’hommes et de femmes d’expérience, mais à temps très partiel parce qu’ils sont déjà à temps très complet ailleurs que là où se mijotent leurs feuilles de paie.

Et tout ça, ça fait des feuilles de paie. Ca fait aussi des notes de frais, et pas au bistrot du coin. Ca fait aussi des boîtes de cigare, pas des petits cigarillos minables qui sentent mauvais. Comme disait une femme secrétaire général(e) d’un grand syndicat : « Quand je sors d’une réunion fatigante, j’aime arrêter mon chauffeur rue Saint Honoré et faire un moment de shopping, ça me détend ». Mais tout ça ne fait pas de l’argent liquide.

DE L’UTILITE DE L’ARGENT LIQUIDE

Alors à quoi ça sert et où ça passe, l’argent liquide ? Au CNPF d’autrefois, il y a eu longtemps une obscure officine, l’Institut d’histoire sociale avec, dans un modeste bureau, un illustre inconnu – sauf de ceux qui avaient vraiment besoin de le connaître – Georges Albertini. C’était une époque troublée, le patronat s’effrayait beaucoup plus des chars soviétiques qu’il ne l’avait été des les chars allemands. Et pour éviter cette horrifique perspective, il fallait fluidifier.

C’est comme ça que la CGT a explosé et que F.O. a vécu et prospéré (c’est le verbe exact) : avec des valises de billets en liquide, beaucoup d’entre elles remplies par la CIA, mais aussi beaucoup par le patronat. Mais il n’y a pas eu que F.O. Il y a eu d’autres syndicats, pas très grands mais si utiles pour signer des accords, ou très grands, avec de gros problèmes de fin de mois et qui, à défaut de signer des accords, pouvaient au moins ne pas se révolter contre les accords signés par les petits.

Il y a eu aussi les partis politiques, tous ces élus à la charnière des majorités et dont les votes étaient décisifs pour le bon combat. Et ces députés ou sénateurs amateurs d’amendements tellement techniques qu’il fallait les rédiger ailleurs et les présenter au petit jour, quand il reste une petite dizaine de parlementaires et que le ministre et ses conseillers ont sommeil. Et aussi ces journaux, ces journalistes, si précieux pour répandre des bonnes idées. Alors dans le bureau de Georges Albertini, il y avait un vrai coffre avec des vrais billets et les billets n’y moisissaient pas. Ils circulaient : c’est normal pour un fluide. L’argent liquide a une propriété merveilleuse : on ne sait jamais exactement combien en contient une valise, ou un attaché-case. S’il y en a un peu moins à l’arrivée qu’au départ, qui pourra dire avec certitude qui l’a épongé (c’est un liquide) ? Il n’y a pas d’enrichissement personnel, c’est bien connu, mais quels niveaux de vie ! C’est tellement commode, tellement confortable. Pourquoi ça devrait s’arrêter ? D’ailleurs la loi de 1884 n’oblige à aucune vérification : une loi qui a 123 ans ne peut pas être complètement mauvaise.

Alors les mines outragées de ces dignitaires patronaux qui baignent dans ces circuits depuis des décennies, auxquels leurs prédécesseurs ont donné la clef et la combinaison des coffres dire avec ce bel ensemble « Ah bon ? ça se faisait encore ? », il y aurait de quoi rire. . Heureusement que quelques vieillards à l’abri des peurs grâce à leur grand âge mangent le morceau : on a toujours fait ça, et on en distribuait beaucoup plus de notre temps (forcément, notre temps c’était mieux,). D’ailleurs c’est bien l’avis d’un ancien président de l’UIMM qui dit ingénument aux policiers qui l’interrogent courtoisement (on parie qu’ils ne le tutoient pas ?) : « Enrichissement personnel ? oh non ! Quelquefois, au moment de partir en vacances je prenais 3.000 €, ça m’évitait de passer à la banque. » 3.000 € (il n’a pas dit des francs, non : des euros), quelle admirable modération : on ne peut sûrement pas payer un palace à l’île Maurice avec ça. A l'époque des cartes de cédit mondiales, faut buien ça pour attendre le prochain distributeur automatique !

LA CAISSE DE L’UIMM ET LES AUTRES CAISSES

Mais attention, tout ça c’est seulement la métallurgie. Partout ailleurs dans la galaxie du Medef on a jamais fait quoi que ce soit de semblable. Je ne dis pas de répréhensible : la loi de 1884 le permet, ou ne permet pas qu’on s’en aperçoive. Ernest-Antoine, le sémillant prédécesseur de la douce Laurence qui fait de beaux rêves de salariés sans code du travail, ne venait-il pas en droite ligne de ce Comité des forges, devenu cette UIMM aux coffres insondables, et il n’a jamais entendu qu’on fasse la même chose au Medef. Sinon il l’aurait évidemment dit à sa successeuse, la grande Laurence qui, du coup, a pu dire que tout ça « est répugnant » ?

C’est bête que ça tombe sur DGS, pas pire pas meilleur que ses prédécesseurs et qui aime vraiment la négociation, surtout quand il gagne en fin de parcours. Espérons qu’il n’a pas un petit carnet couvert de notes minutieuses comme un général Rondot. Ou espérons pour lui qu’il l’a ce carnet, bien caché. Et espérons pour nous et notre instruction civique qu’un corbeau ou un service de police efficace(si, si : ça existe parfois pour ce genre de choses) le retrouvera bientôt et le glissera vers un dossier d’instruction couvert par ce merveilleux secret si élastique. Ce serait amusant d’entendre Marc Blondel redire : « C’est incroyable, on prend le patronat les doigts dans la confiture et on ne parle que des syndicats ! »

Et on ne parlera pas aujourd’hui de la médecine du travail. Faut rester cool !

11/11/2007

dimanche 21 octobre 2007

LAPORTE A LA PORTE

La Sarkolandie est un monde merveilleux : la présomption d’innocence y tient lieu de passeport gouvernemental.

NICO, L'APPRT ET LE PROC

Le petit Nico est sa grande Cecilia, qui partageait tout dans leur couple fusionnel, on peut aussi penser que de temps en temps il parlait de l’argent du ménage. On peut donc supposer qu’ils ont ensemble parlé de l’acquisition de leur appart de Neuilly, le modeste duplex dans l’immeuble construit par la sympa promotrice LASSERRE, vieille dame charmante dont l’âge excuse aujourd’hui les défaillances de la mémoire, à laquelle le maire de 1983 à 2002 – ce qui donne du temps pour nouer des relations durables - de la populaire (populacière ?) commune de Neuilly-sur-Seine. On croit ou on ne croit pas aux expertises immobilières, mais bon, une chose est sure : ils ont payé leur appart moins cher que les autres acheteurs. Nettement. Tellement moins qu’il a fait semblant de demander au directeur des services fiscaux du département si le prix était raisonnable. Oralement, pas par écrit, et le directeur lui a répondu oralement, pas par écrit : mais non, Monsieur Mon Ministre, c’est raisonnable. Alors un contribuable neuilléen pas sarkofanatique, ça existe, a déposé une plainte dès fois que la libre justice de notre grande république pas bananière y trouverait comme un délit d’ingérence. Et bien, record absolu de vitesse, le procureur de Nanterre, Philippe COURROYE, celui qui a poursuivi pendant des années Jean-Christophe Mitterrand (le fils de …) pour un trafic d’armes où les armes n’étaient pas de fabrication française, n’ont pas été achetées ni vendues en France et n’ont pas transité par la France, eh bien! là il ne lui a pas fallu trois mois pour décider qu’il n’y avait aucun délit d’aucune sorte, de manière tellement évidente qu’il n’y a même pas besoin d’une instruction. C’est pas admirable que le procureur du plus gros tribunal de France après celui de Paris ait une telle puissance de travail qu’il puisse arriver à une telle conclusion en si peu de temps, au milieu de toutes les autres affaires dont il a à s’occuper, les gosses de banlieue qui ont stationné dans les halls d’immeubles, les mamans au chômage qui ont volé chez Lidl un (deux ?) paquets de pâtes, les crapuleries des syndics d’immeubles et celles des administrateurs judiciaires du tribunal de commerce. Innocent, on est présumé innocent, je vous le dis. Dites dans les Hauts de Seine que vous êtes innocent : ça marche.

SANTINI, L'INNOCENCE PAS ENCORE : LE PROC ETAIT PAS LA

D’ailleurs c’est bien ce que fait André SANTINI. Maire d’Issy-les-Moulineaux, la ville aux vieilles usines devenue la ville aux beaux immeubles de bureaux rutilants, on sait ce que ça a donné à Courbevoie ou Puteaux (c’est drôle, tout ça est dans les Hauts de Seine), mais c’est forcément différent à Issy. La preuve SANTINI qui avait très envie de présider le Conseil général des Hauts de Seine, eh bien ! il est devenu ministre et comme ça Devedjian, qui voulait devenir ministre et n'a pas réussi, est devenu président du Conseil général. Peut-être que ça s’appelle le jeu des chaises musicales (elles chantent juste ?). Donc SANTINI est devenu ministre. Mais en même temps il est devenu mis en examen. Mais dans les Hauts de Seine on est présumé innocent. Donc il est ministre, présumé innocent et chargé de comprimer les salaires de la fonction publique, en n’augmentant pas trop les fonctionnaires, juste ce qu’il faut pour que ceux qui restent ne pleurent pas trop sur ceux qui ne sont pas remplacés. Et qu’est-ce qu’on parie que le procureur COURROYE, il va mettre beaucoup plus de temps à deviner si finalement SANTINI est coupable qu’il n’en a mis pour découvrir que Nico/Cecilia sont innocents. Parce que là il peut pas tout de suite le trouver innocent, vu que le dossier il a été ouvert avant son arrivée à Nanterre et qu’il a donc été nourri avant que le champion de l’innocence COURROYE puisse le refermer.

LAPORTE, LE NON RUGBY ET LE FISC ET LE RESTE

Mais alors LAPORTE, lui, il est pas de Neuilly, même pas des Hauts de Seine. Alors que vient-il faire là-dedans. Eh bien lui aussi il devient ministre, enfin sous-ministre. Et, oh surprise ! il devient en même temps perquisitionné (15 fois, plus qu'à l’UIMM), et la Direction nationale des enquêtes fiscales, le top du top de la vérification fiscale, elle note : des présomptions d’abus de bien social, des présomptions de surfacturation des achats, des présomptions de dissimulation de recettes, des présomptions de travail au noir. Et même par Bernard LAPORTE himself, qui n’était surtout pas gérant, seulement actionnaire, rien de plus, à peine majoritaire, des retraits en argent liquide de caisses dont il n’avait pas la clef. C’est d’ailleurs marrant qu’on apprenne tout ça parce que, s’il y a un endroit dans l’administration où on cultive la discrétion professionnelle, c’est bien cette direction nationale des enquêtes fiscales. Mais peut-être qu’il y a parmi ces fonctionnaires mutiques un être pervers animé d’une haine farouche du rugby, surtout quand on perd ? Et là, ce n’est plus Philippe COURROYE qui le dit, c’est le PRESIDENT lui-même, celui qui a été élu par 53% des Français (pauvres ségolénistes dévots !) pour apporter des solutions, pas pour commenter l’actu mondiale, qui déclare qu’il faut bien que la présomption d’innocence serve à quelque chose. Présomptons, présomptons, il en restera toujours quelque chose.

vendredi 19 octobre 2007

FAUT PAS D' RETARD A LA PUBLICATION

fAUT PAS ATTENDRE POUR POSTER !


J’avais écrit « Pourquoi Cecilia » depuis plus d’une semaine et parce que, quand même, cette affaire si privée et tellement publique, ça me troue, je l’avais pas encore publié. Hier matin je me dis faut y aller et je le mets sur le blog. Je le poste vers 11 h du mat, j’allume la radio vers midi et paf voilà que le communiqué de l’Elysée me tombe sur le museau et que d’un seul coup mes petites questions, pfuiit, obsolètes, dépassées.

LES CROCHETS SE SONT DECROCHES

Elle s’accroche pas, il s’accroche plus. Et comme ils avaient prédivorcé, les conventions étaient prêtes et le juge n’avait plus qu’à les recevoir, séparément parce que mieux vaut éviter les risques d’une explosion dans son bureau (son cabinet, disent les juristes, mais je trouve que pour les affaires familiales ce mot est trop bien adapté) ou pire qu’un photographe traîne par là et, coup de chance de sa vie, prenne le cliché définitif. Quoique définitif avec ces deux-là …

UNE QUESTION ??

Donc reste une question : elle a toujours été là dans son travail politique et manifestement elle lui a donné beaucoup de bons conseils, elle a efficacement ôté des épines et des cailloux de son chemin et il a pu continuer à avancer malgré ses crises périodiques de déprime entre deux vagues irrépressibles de contentement de lui-même. Elle lui a coûté aussi beaucoup d’énergie, les scènes de ménage ça use des kilowatts entre cris, consolations et essuyage de larmes. Mais enfin elle était là, elle filtrait, elle introduisait, elle téléphonait pour lui (même lui n’a que 24 heures par jours, moins le temps passé à la requinquer, à serrer la louche aux électeurs, à faire la bise à Louis, à répéter pour la vingtième fois la même astuce lepéniste ou jaurésienne, …). Elle n’est plus là. Qu’est-ce que ça va lui faire à lui comme effet ? Les vieux potes qu’elle a écarté, ils vont s’accrocher pour revenir. Mais les nouveaux potes vont résister de toutes leurs forces. Et les paparazzi, ils vont continuer de la poursuivre : s’ils peuvent clic/clac piéger le nouvel amoureux dans leur boite numérique et hop le refiler à Gala, Entrevue, Closer, VSD, et Match (on peut vraiment pas le mettre dans une autre catégorie, le pauvre), sans parler des étrangers, les magazines je veux dire, qui, c’est bien normal pour des étrangers ne respecteront aucune de nos délicieuses et surannées convenances. Convenances que le goût de paraître de notre Nico aura sérieusement mises à mal. Comment il va réagir devant une couverture de VSD où elle ronronnera rayonnante à coté d’un beau de 1m90 ? Quand elle s’était tiré une première fois parce que c’était vraiment plus possible et que le beau tentateur brun aux yeux de velours était passé à portée de regard et de main, il était devenu impossible. Toujours aussi intelligent, aussi malin, mais franchement impossible. Il ne pouvait plus hurler après elle, alors il hurlait après les autres, les petits conseillers suspendus à son bon vouloir comme les grands féodaux qui le contrariaient. Son coup s’agitait comme celui d’une tortue épileptique dans ses cols de chemise déboutonnés. Son élocution hachait menu les mots expulsés de plus en plus vite. Par exemple que dira-t-il de M. Trichet quand la photo de Closer fera monter son adrénaline ?

ET MAINTENANT ???

Pauvres petits français qui n’ont pas voté pour lui mais qui aimaient bien cette incarnation de la famille moderne. Pauvres petits français qui ont voté pour un couple à la Kennedy qui allait faire glamour-glamour à l’Elysée et dans les voyages officiels, éteignant de leur charme explosif toutes les mémés qui peuplent les Elysée et Matignon locaux ! Que de déceptions. Alors quand en plus ils verront les résultats, je vous dis pas ! Mais si, je le dis.

jeudi 18 octobre 2007

AH ! POURQUOOOIII CECILIA ?

Ah pourquoooiii Cecilia sans répit me quittes-tu ? D’me quitter Cecilia pourrais-tu te passer ???

Une des deux vraies questions : pourquoi est-elle restée si longtemps ? Deuxième vraie question : pourquoi s’il y tient tant, ne reste-t-il pas scotché à elle ? Pour un Richard Attias connu pour elle, combien d’inconnues (pas de tous) pour lui ? Dans le compte on oubliera la malheureuse journaliste du Figaro condamnée au rôle de kleenex (on espère au moins qu’elle a gardé les courses de chez Darty). Ne parle-t-on pas avec iun air entendu d’une interprète au regard si insistant qu’il en est devenu captivant ? et toutes les autres, celles qui ont valu à Laurent SOLLY qui, comme chef de cabinet gérait l’agenda personnel de Sarko, d’être l’objet d’une rancune féroce de celle qui n’a pas envie de rester notre Première Dame. Remarquez, pour devenir DG chez TF1, ça me plairait bien qu’elle m’exècre : les sous, les pipoles, la courtisanerie des politiques, les invitations par les milliardaires … je vais y réfléchir

En fait il y a des tas de questions. Comment peut-il supporter des coups comme celui de l’abstention au deuxième tour ? Comment peut-il supporter le coup de l’angine blanche au pique-nique avec les Bush (sauf que là nous aussi nous devons supporter cette incroyable grossièreté) ? Comment peut-il supporter le coup du départ du G8 où elle laisse tomber tous les conjoints (et justement Joachim Sauer, le mari d’Angela, était venu parce qu’elle était là (pareil : la grossièreté, c’est nous qui …) ?

Le Nico, ses colères alimentent sa célébrité. Peut-être qu’elle s’en lassait elle aussi des colères, des hurlements, et peut-être pas seulement des hurlements. Ne se dit-il pas (mais dirait Martinon : les rumeurs …) que, lors du grand débat de la campagne, celui que Ségo croyait avoir gagné avec sa vertueuse indignation et qu’elle a perdu parce que lui ne s’est pas indigné, ne se dit-il pas qu’elle avait dans son petit paquet de notes sagement posé devant elle (elle est ordonnée, elle ne peut pas s’en empêcher) la copie d’une main courante d’un commissariat de banlieue qui, si ça se trouve, serait bien celui de Neuilly ? Ne se dit-il pas aussi que ce serait au moins la deuxième ? Mais c’est drôle comme dans certains cas on apprend facilement ce qui se passe de croustillant dans un commissariat (vous vous souvenez de ce conseiller de Raffarin : à 6 h du matin la presse était prévenue), mais dans d’autres cas quel silence discipliné !

Alors peut-être est-ce vraiment difficile de ne pas supporter des sautes d’humeur d’une femme quand elle dispose de documents pareils sur un mari qui occupe des fonctions pareilles ?

Il s'accroche, certes. Mais peut-être en a-t-il aussi assez de devoir grimper sur un tabouret pour un bisou ? elle est revenue, il est devenu président. Elle s'en va, restera-t-il président ? déjà le New York Times le décrit, ce qu'aucun journaliste français ne fait (qui est myope ? qui est astygmate ?), plein de tics (il veut dire beaucoup plus que d'habitude), marchant de travers, la parole saccadée. Un président qui va nous faire une grosse déprime ? avec des crises d'excitation quand il aura forcé sur le médoc. sur le m'edicament j'veux dire : il ne boit pas, ou alors en cachette.


dimanche 14 octobre 2007

(Trois) brèves d'actu sur la Sarkolandie


D’abord l’ADN

Sarkométrie n°2 : la technique de la provoc. Sarko (Hortefeux = Sarko) sort dans un projet de texte une énormité. Poussée d’adrénaline chez les bonnes âmes, qui ont raison de s’indigner mais par définition l’indignation ça se calme. Les capsules surrénales ne peuvent pas produire de l’adrénaline en continu. Donc on se calme, on entre en discussion, la provoc est modifiée par d’innombrables sous-amendements. Les sénateurs chevrotent, ils ont même, quels audacieux ! voté contre en commission des lois. Mais en séance ils ont dans leur langage fleuri remercié le ministre d’avoir été si sensible à leurs petits frissons humanistes et républicains, d’avoir si bien su entourer des « nécessaires précautions » l’emploi de cette indignité. Et couchés, forcément couchés dirait Marguerite, ils ont voté pour en séance. D’accord, c’est plus tout à fait le même test : seulement pour la mère, payé par l’Etat français, avec un juge. OK mais la bataille de principe est gagnée. L’ADN est là. Sarko a gagné, avec l’aide de son porte-flingue patenté, d’autant plus porte-flingue qu’il a eu tellement peur d’être disgracié juste après la présidentielle. Ils ont gagné avec l’aide de l’inestimable MARIANI, celui à coté duquel l’addition de Le Pen, Gollnisch et Maigret fait figure de ratatouille laxiste. Un pas de plus vers l’ADN généralisé : la paternité contestée, le délinquant sexuel, le placé en garde à vue, l’immigrant. On parie que la prochaine étape, ce sont les enfants agités à partir de 3 ans (vous vous rappelez l’enthousiasme de Sarko devant le rapport de l’Inserm sur les enfants agités dont on sait dès l’âge de 3 ans qu’ils délinqueront, sauf si on les fourre dans la bonne maternelle, celle où on materne pas ?) La souris grignote son gruyère à petites bouchées et en silence, Sarko et ses affidés nous bouffent à grandes bâfrées et à grand bruit.

Et toujours à plat ventre, ils ont à nouveau voté pour en commission paritaire avec les députés dans la même position.

Ensuite EADS

Il y a beaucoup de chapitres avant, mais il faut bien commencer quelque part.

Donc FORGEARD devient coprésident d’AIRBUS après une guerre sanglante chez Lagardère qu’il gagne grâce à l’appui de Chirac qui n’a jamais manqué une occasion de soutenir un homme d’argent de ses proches (pourquoi les hommes d’argent plus que les autres ?). Normalement il est tout content le Forgeard et il se met à bosser : un poste superbe, un salaire énorme, des stocks-options gigantesques et des défis techniques magnifiques, y a de quoi bosser non ? Et ben non il bosse pas. Enfin si : il préside des tas de réunions. Et tout son travail, le vrai, il le consacre à un objectif, un seul : devenir le seul chef, tuer la coprésidence franco-allemande (les Allemands n’ont pas aimé et ils le font payer tous les jours au gouvernement français, donc à nous citoyens et contribuables). Même pour un Forgeard, les journées ne durent que 24 heures et il ne peut plus veiller à l’avancement de l’A380 qui rencontre, c’est bien normal pour un engin pareil, des problèmes colossaux de mise au point. C’est lui qui doit cornaquer les usines allemandes, c’est à Hambourg que s’accumulent les erreurs : il ne voit rien, son œil est fixé sur la ligne bleue des Vosges et de la présidence unique.

Je ne travaille pas dans l’aéronautique puisque je suis retraité. Mais je n’y étais pas non plus auparavant. Mais j’ai des copains, des amis, des relations, des DRH, des ingénieurs, des consultants et je papote cool relax avec eux. Et bien on me raconte que pour l’A380, le premier retard annoncé en 2005, ce ne sera pas le dernier. Vers octobre 2005, on me raconte que les ingénieurs se prennent vraiment la tête : il y a des câbles qui se présentent à Toulouse ni avec la bonne longueur ni devant les bonnes connexions, il faut retoucher tout ça mais on n’y arrive que très difficilement, au prix de milliers d’heures d’un véritable ravaudage, de centaines d’allers-retours Toulouse Hambourg des ingénieurs et des techniciens et de millions d’€ qui deviennent des centaines de millions, qui dépassent le, les milliards et continuent de grimper entre frais techniques, pénalités de retards et trous de trésorerie.

Alors si dans ma paisible retraite francilienne j’en entends parler, qui peut croire qu’en mars-avril 2006 personne n’en parlé à Forgeard, à Enders, à Lagardère (lui, on lui en sûrement parlé, mais c’est pas sûr qu’il ait entendu : c’est pas de la presse coco, c’est pas du sport), et Gut, le stratège du commerce Airbus : aucun d’eux n’aurait rien su entre toutes les réunions, tous les reportings (des milliers de pages de listings), toutes les « operations reviews » ? C’est pas bien de nous prendre pour des crétins (quoique … nous nous laissons faire avec une telle constance : comment, pour eux, résister à la tentation ?).

Et alors, tous, avec un bel ensemble, ils vendent sur la même période. Les petits actionnaires s’euphorisent, ça y est : Airbus a enfoncé Bouingbouing malgré les subventions de la Nasa, alors eux ils achètent. Forgeard, célèbre pour son mélange radinerie-cupidité : 3.811.000 € de plus-values, 4.054 mois de SMIC net, 337 années de Smic net. Je sais, c’est démagogique comme argument, il y a quand même presque 3.000.000 de personnes qui vivent avec le SMIC et si on leur répartissait la plus value de Forgeard, ça ferait pas grand chose pour chacun. Et Lagardère, il ne s’agit plus du même ordre de grandeur : il s’évite 700 millions d’€ de pertes.

Et notre gouvernement, en charge de notre intérêt général, c’est à dire pas de leurs intérêts particuliers, et actionnaire de référence d’EADS. Lui non plus ne sait rien, mais alors rien de rien. Et pourtant il s’est posé des questions : ne devrait-il pas vendre lui aussi, juste pour renflouer un peu un Trésor qui emprunte 110 millions d’€ par jour ? non, il n’a pas vendu parce qu’EADS c’est stratégique. C’est tellement stratégique qu’il ne sait rien de ce qui s’y passe. Pourtant sur la note de l’Agence des participations de l’Etat qui pose au ministre Thierry Breton la question d’une vente éventuelle, il y a une phrase manuscrite. Manuscrit, ainsi l’ordinateur n’en garde pas trace, mais hélas les photocopies existent. Cette phrase dit qu’il est « important que les actionnaires se déterminent rapidement, les bruits actuels risquant de peser sur le cours du titre ». C’est un très haut fonctionnaire le directeur de cette Agence et en plus c’est un vrai financier. Il connaît le poids des mots, plus lourd chez les financiers que dans beaucoup d’autres Il maîtrise donc la litote, mais ses lecteurs connaissent le code. Et en plus il l’a écrit de sa main : c’est donc la seule phrase à laquelle le ministre fera attention et bien sûr qu’il lui demande : « que voulez-vous dire ? » et s’il ne le lui demande pas, c’est qu’il le sait déjà. L’omniscient Thierry, si fier de tout savoir tout le temps, ne savait rien ce coup-ci, juste sur ce coup-ci. Quoique, si on se rappelle bien, le coup de la modestie oublieuse, il nous l'a déjà fait : il y a quelques années quand il y a eu un problème de rémunération tout à fait irrégulière (déjà des sous, déjà de l'irrégularité) chez RHODIA, Breton en était administrateur et meme membre du comité des rémunérations. Il avait rien vu, rien entendu, rien lu. Il ne savait pas. Il a même dit "je n'étaisqu'un petit admiistrateur". Réaction de sa femme :"C'est bien la première fois que Thierry est petit !"

Et la Caisse des dépôts, « le bras armé de l’Etat ». Cette formule ne veut rien dire, sauf qu’elle dit tout. L’Etat veut du HLM, elle fait du HLM. L’Etat veut de la politique de la ville, elle bascule dans la politique de la ville. L’Etat veut de l’aide aux pays africains, elle finance de l'aide au développement (ou du sous-développement, ça dépend si on est gouvernant ou gouverné). Alors là, tout d’un coup, toute seule, elle décide d’acheter 2,5% du capital d’EADS (environ 600 millions d’€). A la Caisse des dépôts, les procédures tiennent sur des mètres de rayonnage, en particulier sur l’information de la Commission de surveillance avec ses parlementaires et ses représentants de l’Etat. Mais la Commission, l’équivalent du Conseil d’administration, n’a appris cet investissement que le lendemain et le ministre lui il ne l’a appris que le surlendemain « par la presse », il l’affirme devant la commission des finances du Sénat. Dirons-nous « Je crois puisqu’il l’a dit » ?

La République est bien là. Grâce à laquelle nous nous félicitons chaque jour de n’être pas né birman. Et avec ses petites et grandes bassesses/crapuleries.

ET, CERISE SUR LE GATEAU, LA CAPORALETTE DE LA CULTURE !

ALBANEL, Christine de son prénom : vous voyez qui c’est ? La cultureuse de Chirac, discrète, sympa, connue de tout ce petit/grand monde de la culture depuis si longtemps. Un premier couronnement : patronne du Château de Versailles. Et là, divine surprise : Sarko pour qui la culture contemporaine se résume à Renaud (Line), Reno (Jean) et Clavier (Christian), tous difficiles à nommer ministre de la Culture, et bien il choisit Christine ALBANEL. Il lui fait le coup de la lettre de mission : en deux ans elle doit tout régler et faire de la France le phare culturel mondial qu’elle fut entre 1600 et 1800. Fastoche le défi.

Alors elle, elle est heureuse. Forcément le ministère de la rue de Valois est superbe. Il faut donc durer au moins deux ans. Elle est discrète, dur pour un ministre de la Culture, mais intelligente et elle connaît les mécanismes de Cour (en fait elle a même commencé à l’Elysée sous Giscard : Giscard + Chirac + Sarko, ça doit être un record qui témoigne de la maîtrise des mécanismes de la Cour). Alors elle a compris que, plaire à Sarko quand on est discrète, c’est pas forcément facile. Alors elle cherche comment faire et elle a une idée : dans quel métier Sarko s’est-il éclaté ? FLIC. Donc devenir fliquette, ou caporalette, ça doit marcher.

1ère manifestation de cette vocation « La loi et l’ordre » : l’engueulade à un directeur de théâtre qui s’est épanché sur sa douleur devant l’élection de Sarko, et par écrit l’engueulade. Henri TAQUET n’en est pas encore revenu. Du théâtre national au théâtre présidentiel, voilà un beau projet culturel !

Confirmation de cette vocation. Dans la nuit du 5 au 6 octobre, 5 jeunes complètement bourrés secouent vaguement une porte du musée d’Orsay : la porte s’ouvre. Des milliers de tableaux, une valeur incalculable et la porte s’ouvre dans la nuit. Vous vous dites : les mecs, ils ont dû faire une drôle de tête quand les alarmes se sont déclenchées ! Eh bien non : elles ne se déclenchent pas. Ils divaguent dans le musée, ils dégueulent par terre et pour finir, les pauvres cloches, ils filent un grand coup de poing dans un tableau de Monet. Très con. La ministre est indignée, c’est le moins qu’elle puisse faire. Mais ça ne suffit pas, on est sarkoZZZiste ou pas. Elle l’est.

Donc elle déclare avec beaucoup d’émotion, mal contenue, tout juste si on ne perçoit pas un sanglot dans sa voix ferme de ministresse de la République : « Il faut voir comment on peut aggraver les sanctions quand il y a intrusion dans des musées, des églises et des monuments". Une connerie quelque part, une loi. Deux conneries : deux lois. Trois conneries, trois lois. Alliot-Marie et les chiens dangereux : deux drames, deux groupes de travail pour préparer deux renforcement de la loi. Les chiens on va les euthanasier, la troisième fois c’est leurs propriétaires qu’on va liquider). A ce rythme le Parlement va s’épuiser, le Journal officiel va éradiquer les forêts et Thierry MARIANI sera obligé de faire du copier-coller avec ses amendements.

Bonne route, Christine, pour le Panthéon des Malraux, Duhamel et Lang !

dimanche 30 septembre 2007

LE MERVEILLEUX RÊVE DE LAURENCE

LE REVE SI DOUX DE

LAURENCE

Oui, je sais, je l’avais pas encore avoué : je la connais vraiment bien. On a le droit de connaître des gens qu’on n’apprécie pas à 100%, non ? Alors l’autre jour on papotait assez relax et elle m’a raconté un de ses derniers rêves. Vous auriez vu son sourire, pas dans le registre éclatant comme au moment de son élection au MEDEF quand elle a écrabouillé tous ces mecs qu’elle n’apprécie vraiment pas (ni les hommes ni les rivaux). Non un sourire doux, une sorte d’illumination amoureuse : elle en venait à aimer les salariés français. Ne vous inquiétez pas, j’en arrive au fait, au rêve je veux dire.

Comme souvent dans les rêves, la localisation était imprécise, mais elle savait que c’était en France. Même chose pour la période, mais il lui semblait que c’était pour très bientôt. Alors voilà : le salarié français était :

- dévoué à son entreprise comme un employé japonais

- mobile comme un cadre étasunien

- doté d’un pouvoir d’achat comme un ingénieur luxembourgeois

- payé comme une ouvrière du textile chinois.

En fait, ce qu’il y a de plus drôle dans cette affaire, c’est que ce rêve je l’avais déjà entendu il y a plusieurs années. C’était un homme qui me le racontait avec le même émerveillement. Vous savez qui ? Ernekind, le joli diminutif d’Ernest-Antoine, celui qui parle en anglais devant le Président de la République française.

PRECIS DE SARKOMETRIE N° 2 : LES GENES

PRECIS DE

SARKOMETRIE

(FEUILLETON n° 2)

SARKOZY, LES GENES ET L’ADN

DES GENES HETEROSEXUELS AUX AUTRES GENES

Les gènes de SARKOZY l’ont fait hétérosexuel. Ce n’est pas une effraction dans le fichier ADN des délinquants sexuels qui a permis de divulguer cette information. C’est le PRESIDENT himself, élu par 53% des Français pas pour commenter l’actualité mais pour apporter des solutions, qui l’a déclaré devant un vaste public. Il s’est d’ailleurs depuis longtemps attaché à le démontrer largement, au-delà semble-t-il du seul cercle relativement restreint de ses épouses légitimes. Il n’est pas le seul à devoir d’attachants traits de sa personnalité à ses gènes. Se trouvent dans la même situation, nous a-t-il appris, les homosexuels, les pédophiles, les suicidés : des décennies de psychologie ridiculement subjective se sont ainsi retrouvées à leur place, dans les poubelles de l’histoire avec tous ceux qui ont cru grâce à ce soutien se connaître mieux et vivre mieux. Il est vrai que ce même Président (élu par …) a déclaré « Connais-toi toi-même est la maxime la plus idiote que je connaisse », ce qui nous fait regretter de le connaître mieux que lui-même.

Depuis un vote récent de l’Assemblée nationale, rejoignent cette cohorte les enfants ayant la bizarre intention de rejoindre leur papa qui travaille dans notre généreuse REPUBLIQUE, aux lois de laquelle nous tous et eux sommes priés de nous soumettre - sauf quand nos délits (des délits propres, hein, pas comme ceux des gosses de banlieue) sont dépénalisés ou le seront très bientôt.

DE LA TENTATION DE L’EXCES ET DE SON INUTILITE

Alors les tests ADN pour pallier les éventuelles défaillances d’état-civil de pays n’ayant pas comme nous le bonheur de connaître administration sans faille qui permit jusqu’à une époque récente aux électeurs corses d’ignorer les aléas d’un décès prématuré, que pouvons-nous en dire sans excès ?

Parce que l’excès, on en a bien envie. Déjà l’addition de l’identité nationale à l’immigration, ça provoquait une poussée d’adrénaline. Mais c’est ça la grande force de Sarko : une énormité, nous adrénalinons. Puis il faut bien se calmer. Alors vient l’énormité suivante, aussi sec on adrénaline de nouveau mais du coup l’énormité d’avant paraît tolérable. L’ADN, c’est comme ça.

L’ADN POUR LES COUPABLES

On l’introduit d’abord comme moyen d’enquête judiciaire. O.K., il y a un crime, il y a un juge, il y a un coupable et des innocents. Si ça clarifie vraiment l’identification du coupable et l’exonération de l’innocent, on est d’accord, évidemment. On l’introduit comme moyen de confirmation ou d’infirmation de la paternité. Là aussi il faut un juge et en plus il faut le consentement de celui à qui on va prélever son ADN. Là aussi, pas trop de problèmes : un juge, une procédure, un consentement. C’est grâce à ça que l’abbé Pierre n’est pas un papa inattendu. Tout ça reste raisonnable. D’autant que si on triche en essayant de faire un test ADN sans procédure judiciaire : 15.000 (oui, quinze mille) € d’amende. Ce qui n’empêche pas qu’on trouve sur Google des liens commerciaux pour commander des tests ADN de paternité de manière totalement confidentielle avec un numéro d’appel en 0800. Comment droit et non-droit coexistent et en plus c’est moins cher en clandestin qu’en officiel !

Alors arrivent les délinquants sexuels. Alors que les vidéo clubs regorgent de films pornos, que les enfants de huit ans regardent « J’ai deux trous, réchauffe-les moi » sur la télé familiale pendant que papamaman dînent chez des potes, que la Thaïlande, le Maroc et tant d’autres sont, comme chacun le sait, des destinations pour abstinents résolus, le crime sexuel a acquis le statut de crime absolu. Donc le test ADN pour le délinquant sexuel, nous l’avons accepté sans moufter.

L’ADN POUR LES NON COUPABLES

Et crac ! Revoilà le test ADN qui ressort pour une liste quasiment sans bornes de délits : même les faucheurs de maïs empoisonné y ont droit. Et attention : ça ne s’applique pas pour des délits jugés et condamnés. Non, ça s’applique pendant des gardes à vue. Evidemment on s’est ému. La gauche s’est émue, quelques belles âmes de droite ont émis des réserves et se sont absentées au moment du vote, quelques sénateurs ont chevrotés leurs doutes ! mais la loi est passée. Il devait bien y avoir 11 députés en séance pour l’adoption finale. Mais tout ça c’est du Sarko : même quand le projet de loi était présenté par le ministre de la justice (je mets une minuscule, c’est plus exact), c’est notre omniprésent ministre de l’Intérieur (je mets une majuscule, c’est plus réel) qui avait obtenu gain de cause dans les discussions interministérielles.

ET L’ADN POUR LES IMMIGRANTS (immigrés, ils y arriveront peut-être mais c'est vraiment pas sûr)

Alors maintenant les immigrants. On veut de l’immigré choisi. On se demande comment on va faire pour choisir entre un immigré pour manier le marteau-piqueur sur un chantier 48 heures par semaine (puisque évidemment il voudra travailler plus : il est venu pour ça) et un immigré pour laver la vaisselle et le reste dans un hôtel 50 heures par semaine (puisque évidemment il voudra travailler plus : lui aussi il est venu pour ça) et choisir entre celui qui voudra venir d’Afrique noire (celui qui ne s’inscrit pas dans l’histoire : peut-être que ses gènes ignorent l’histoire ?) et celui qui ne voudra pas venir d’Amérique du Sud. Mais bon c’est pas le problème, on parle d’ADN.

Donc ce n’est pas à l’immigré qu’on va demander un test, c’est à ses enfants quand il voudra les faire venir

- parce qu’enfin il aura décroché le salaire à 130% du SMIC (pourquoi on ne demande pas au Français qui veut avoir un enfant de gagner au moins 130% du SMIC ?)

- parce qu’enfin il aura décroché le logement aux normes sanitaires, y compris la ventilation basse de la cuisine, qu’on exige pour lui alors que des centaines de milliers de propriétaires ont le droit de louer à des français des logements hors normes.

Remarquons qu’on n’est pas des chiens : on l’oblige pas. On lui propose d’être volontaire. Pourquoi ? parce que dans son pays il n’y a pas d’état-civil fiable. De quels pays s’agit-il : au choix le Sénégal, la Centrafrique, le Niger … tous pays colonisés par notre mère patrie qui y a apporté la civilisation, l’hygiène, les ancêtres gaulois et donc censément l’état-civil ; Et notre mère patrie y a mis le temps : les habitants de Saint Louis du Sénégal élisaient un député alors que la Savoie n’était même pas encore française et l’Algérie, ça a duré 130 ans.

MAIS ATTENTION : SEULEMENT POUR LES VOLONTAIRES !

Vous voyez le tableau : la maman à Abidjan a fait la queue sous le soleil africain (celui qui leur a donné le rythme dans le sang) pendant des heures devant l’entrée aveugle du consulat de France. Elle est maintenant en face du fonctionnaire du consulat. Il est de catégorie C et en France il aurait un traitement de 1.400 € net. Là il multiplie par trois, il a une voiture avec une plaque diplomatique, il a une petite bonne africaine (elle est toute jeune, elle a déjà de très jolies formes mais ce n’est pas de la délinquance sexuelle : elles sont tellement précoces ! et puis elles aiment ça les petits européens blafards et bedonnants : toujours le soleil qui donne des pulsions). Tout ça lui donne une morgue à coté de laquelle l’ambassadeur paraît modeste. Et il lui dit : « Tes papiers (bien sûr, il la tutoie, comme un bon policier bien républicain avec les beurs de banlieue) sont pas nets : combien tu les a payés au maire de ton village ? (c’est pas en France qu’un élu se ferait payer un service, mais on pourra en reparler). Avec ça, rejoindre ton amri avec tes enfants, c’est pas évident. » Alors elle, qui sait comment on peut s’arranger avec tant de petits fonctionnaires des consulats, elle lui tend de nouveau les papiers et cette fois il y a une petite enveloppe dedans, avec quelques billets en CFA. Ca ne se passe pas ainsi dans tous les consulats, bien sûr, mais ça existe. Alors l’employé, sans dire merci : « Peut-être que si tu faisais faire un test ADN pour ton mari et les enfants, ça pourrait marcher. Qu’en penses-tu ? » Franchement, vous la voyez dire non ? Et voilà comment on fabriquera du volontariat.

Ce n’est pas fini. Il faut imaginer la scène suivante : elle habite dans une petite ville de 10.000 habitants à 120 km au nord d’Abidjan. Où le trouve-t-elle le labo capable de faire le test ? En France il faut un agrément donné par le ministère de la Santé après avis d’une commission spécialisée qui valide la qualification technique des installations et des médecins/pharmaciens qui y exercent.. Il y a de bons médecins en Cote d’Ivoire (pas tant que ça en fait : il y a plus de médecins ivoiriens en France que chez eux : ils n’ont pas eu besoin d’une immigration choisie par le gouvernement pour choisir par eux-mêmes) et aussi des labos corrects mais pas forcément au coin de la rue d’une ville moyenne. Alors elle le fait où le test, et à quel prix ? Quoique en y pensant bien, si on peut payer un faux papier d’état-civil on pourra peut-être payer un faux test ADN avec plein de cachets officiels.

LA PATERNITE/LE GENE, LE GENE/LA RACE/ LA NATION ???

Je m’égare dans les problèmes pratiques. J’allais presque oublier les principes. Pourquoi l’enfant serait-il l’enfant ? Est-ce que ce sont les gènes qui déterminent la qualité d’enfant ? On fait quoi des enfants adoptés, par exemple de ces délicieux petits noirs adoptés par des blancs, ou de ces délicieux petits vietnamiens adoptés par des blancs ? Vous allez dire : les blancs, ça n’émigre pas en France parce qu’on a déjà oublié les dizaines/centaines de milliers de polonais, italiens, portugais espagnols du siècle dernier. Et demain, oui demain, les ukrainiens seront évidemment éligibles à l’immigration choisie et pourquoi l’état-civil ukrainien serait-il plus fiable que le malien? On fait quoi des jeunes enfants de la mère décédée qu’on a pris chez soi parce que c’est la coutume ? On fait quoi du gosse perdu qu’on a recueilli dans la brousse ? On fait quoi avec l’enfant né grâce à une escapade extra matrimoniale mais qui est nourri, éduqué, aimé par le père ignorant (il y en a qui pourrait dire des choses sur les escapades extra conjugales, et même des chefs d’Etat pas tous dans un passé lointain) ?

La paternité est-elle seulement biologique ? Et si la paternité est seulement biologique, jusqu’où va la biologie ? est-ce qu’elle ne pourrait pas aller, par exemple, jusqu’à la nationalité ? Le droit du sang, ça ne rappelle rien ? La pureté du sang, ça ne rappelle rien ? Alors le Thierry MARIANI à la langue de bois révulsante quand il parle de « l’honneur de la République qui est d’accueillir » et tous ceux qui votent avec lui cette disposition, sont-ils incultes au point de n’avoir pas le moindre souvenir de ce qu’on a fait de cette notion de pureté biologique, ou bien est-ce cela qu’ils veulent à long terme, sans pouvoir l’avouer ? N’y aura-t-il pas dans ce pays de juifs pour dynamiter ce discours ? de gitans ? de parents d’enfants handicapés ? d’homosexuels ? pour rappeler comment au nom du sang pur (on ne connaissait pas les gènes, donc on parlait du sang) on les a concentrés, affamés, torturés, tués, exterminés ?

ET SI ON S’INDIGNAIT POUR DE BON ?

Et on retrouve là le début : une énormité, on adrénaline, on se calme, une autre énormité. Un délinquant avéré, un peut-être délinquant, un non délinquant. Nous sommes pourtant nombreux, les non délinquants (et si on rajoute les délinquants, encore plus). Alors on attend quoi ?