LES SOUS DU PATRONAT
Ah Laurence, qu’il est beau d’avoir réussi à être fille de patron, patronne toi-même et élue à la présidence du MEDEF et, en même temps, d’avoir conservé cette fraîcheur incroyable (incroyable ? ça doit être le mot juste) ! Franchement, j’admire !
Laurence, tu découvres avec stupeur que l’UIMM a une caisse noire. Tu t’indignes : « Ces pratiques sont dégradantes, répugnantes. » C’est beau une si sincère indignation. Très beau. Que tu dois en vouloir au grand Ernest-Antoine, le petit Ernekind, de t’avoir caché tout cela quand il t’a proposé de lui succéder (toute seule, tu n’avais pas eu l’idée d’un tel destin, n’est-ce-pas ? tu es bien trop modeste, bien trop pudique). Il te soutient dans ta campagne.
Pour cela il trahit ce monde de la métallurgie qui a fait la fortune séculaire de sa famille, il abandonne l’UIMM où il a si longtemps trôné dans la coulisse et quelquefois à l’avant-scène, où tout le monde le saluait avec respect : vous pensez, l’homme qui a su arracher des milliards de subventions pour sa sidérurgie gérée en dépit du bon sens - à sa décharge, l’Etat l’a bien aidé à se tromper -, qui a réussi à supprimer des dizaines de milliers d’emplois sans bourse délier puisque l’Etat (je veux dire : vous, moi, chacun de nous) a tout payé, a réussi à faire nationaliser son gouffre et à garder tout ce qui avait de la valeur, châteaux ou entreprises. Bravo l’artiste et merci Giscard/Barre, les amis des prolétaires.
Donc, pour en revenir à toi, Laurence, cet artiste éminent de la finance ne t’a en rien prévenu des turpitudes du patronat ! Admirable discrétion, et toi tu ne t’étais doutée de rien. Tu n’étais membre du conseil exécutif du MEDEF que depuis deux ans quand tu as accédé à
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