dimanche 25 novembre 2007

LES SOUS DU PATRONAT

ET

LAURENCE, LA PERDRIX DE L’ANNEE

Ah Laurence, qu’il est beau d’avoir réussi à être fille de patron, patronne toi-même et élue à la présidence du MEDEF et, en même temps, d’avoir conservé cette fraîcheur incroyable (incroyable ? ça doit être le mot juste) ! Franchement, j’admire !

Laurence, tu découvres avec stupeur que l’UIMM a une caisse noire. Tu t’indignes : « Ces pratiques sont dégradantes, répugnantes. » C’est beau une si sincère indignation. Très beau. Que tu dois en vouloir au grand Ernest-Antoine, le petit Ernekind, de t’avoir caché tout cela quand il t’a proposé de lui succéder (toute seule, tu n’avais pas eu l’idée d’un tel destin, n’est-ce-pas ? tu es bien trop modeste, bien trop pudique). Il te soutient dans ta campagne.

Pour cela il trahit ce monde de la métallurgie qui a fait la fortune séculaire de sa famille, il abandonne l’UIMM où il a si longtemps trôné dans la coulisse et quelquefois à l’avant-scène, où tout le monde le saluait avec respect : vous pensez, l’homme qui a su arracher des milliards de subventions pour sa sidérurgie gérée en dépit du bon sens - à sa décharge, l’Etat l’a bien aidé à se tromper -, qui a réussi à supprimer des dizaines de milliers d’emplois sans bourse délier puisque l’Etat (je veux dire : vous, moi, chacun de nous) a tout payé, a réussi à faire nationaliser son gouffre et à garder tout ce qui avait de la valeur, châteaux ou entreprises. Bravo l’artiste et merci Giscard/Barre, les amis des prolétaires.

Donc, pour en revenir à toi, Laurence, cet artiste éminent de la finance ne t’a en rien prévenu des turpitudes du patronat ! Admirable discrétion, et toi tu ne t’étais doutée de rien. Tu n’étais membre du conseil exécutif du MEDEF que depuis deux ans quand tu as accédé à la Présidence, un délai bien trop court pour avoir jamais entendu parler de quoi que ce soit sur les circuits financiers du syndicalisme patronal, du syndicalisme ouvrier, du monde politique français. Bravo Laurence, devenir présidente du Medef en ayant réussi à rester une oie blanche, voilà une vraie victoire pour le féminisme : comme les hommes, tu as eu le droit à l’ignorance et à la réussite. Enfin l’égalité !

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