dimanche 21 octobre 2007

LAPORTE A LA PORTE

La Sarkolandie est un monde merveilleux : la présomption d’innocence y tient lieu de passeport gouvernemental.

NICO, L'APPRT ET LE PROC

Le petit Nico est sa grande Cecilia, qui partageait tout dans leur couple fusionnel, on peut aussi penser que de temps en temps il parlait de l’argent du ménage. On peut donc supposer qu’ils ont ensemble parlé de l’acquisition de leur appart de Neuilly, le modeste duplex dans l’immeuble construit par la sympa promotrice LASSERRE, vieille dame charmante dont l’âge excuse aujourd’hui les défaillances de la mémoire, à laquelle le maire de 1983 à 2002 – ce qui donne du temps pour nouer des relations durables - de la populaire (populacière ?) commune de Neuilly-sur-Seine. On croit ou on ne croit pas aux expertises immobilières, mais bon, une chose est sure : ils ont payé leur appart moins cher que les autres acheteurs. Nettement. Tellement moins qu’il a fait semblant de demander au directeur des services fiscaux du département si le prix était raisonnable. Oralement, pas par écrit, et le directeur lui a répondu oralement, pas par écrit : mais non, Monsieur Mon Ministre, c’est raisonnable. Alors un contribuable neuilléen pas sarkofanatique, ça existe, a déposé une plainte dès fois que la libre justice de notre grande république pas bananière y trouverait comme un délit d’ingérence. Et bien, record absolu de vitesse, le procureur de Nanterre, Philippe COURROYE, celui qui a poursuivi pendant des années Jean-Christophe Mitterrand (le fils de …) pour un trafic d’armes où les armes n’étaient pas de fabrication française, n’ont pas été achetées ni vendues en France et n’ont pas transité par la France, eh bien! là il ne lui a pas fallu trois mois pour décider qu’il n’y avait aucun délit d’aucune sorte, de manière tellement évidente qu’il n’y a même pas besoin d’une instruction. C’est pas admirable que le procureur du plus gros tribunal de France après celui de Paris ait une telle puissance de travail qu’il puisse arriver à une telle conclusion en si peu de temps, au milieu de toutes les autres affaires dont il a à s’occuper, les gosses de banlieue qui ont stationné dans les halls d’immeubles, les mamans au chômage qui ont volé chez Lidl un (deux ?) paquets de pâtes, les crapuleries des syndics d’immeubles et celles des administrateurs judiciaires du tribunal de commerce. Innocent, on est présumé innocent, je vous le dis. Dites dans les Hauts de Seine que vous êtes innocent : ça marche.

SANTINI, L'INNOCENCE PAS ENCORE : LE PROC ETAIT PAS LA

D’ailleurs c’est bien ce que fait André SANTINI. Maire d’Issy-les-Moulineaux, la ville aux vieilles usines devenue la ville aux beaux immeubles de bureaux rutilants, on sait ce que ça a donné à Courbevoie ou Puteaux (c’est drôle, tout ça est dans les Hauts de Seine), mais c’est forcément différent à Issy. La preuve SANTINI qui avait très envie de présider le Conseil général des Hauts de Seine, eh bien ! il est devenu ministre et comme ça Devedjian, qui voulait devenir ministre et n'a pas réussi, est devenu président du Conseil général. Peut-être que ça s’appelle le jeu des chaises musicales (elles chantent juste ?). Donc SANTINI est devenu ministre. Mais en même temps il est devenu mis en examen. Mais dans les Hauts de Seine on est présumé innocent. Donc il est ministre, présumé innocent et chargé de comprimer les salaires de la fonction publique, en n’augmentant pas trop les fonctionnaires, juste ce qu’il faut pour que ceux qui restent ne pleurent pas trop sur ceux qui ne sont pas remplacés. Et qu’est-ce qu’on parie que le procureur COURROYE, il va mettre beaucoup plus de temps à deviner si finalement SANTINI est coupable qu’il n’en a mis pour découvrir que Nico/Cecilia sont innocents. Parce que là il peut pas tout de suite le trouver innocent, vu que le dossier il a été ouvert avant son arrivée à Nanterre et qu’il a donc été nourri avant que le champion de l’innocence COURROYE puisse le refermer.

LAPORTE, LE NON RUGBY ET LE FISC ET LE RESTE

Mais alors LAPORTE, lui, il est pas de Neuilly, même pas des Hauts de Seine. Alors que vient-il faire là-dedans. Eh bien lui aussi il devient ministre, enfin sous-ministre. Et, oh surprise ! il devient en même temps perquisitionné (15 fois, plus qu'à l’UIMM), et la Direction nationale des enquêtes fiscales, le top du top de la vérification fiscale, elle note : des présomptions d’abus de bien social, des présomptions de surfacturation des achats, des présomptions de dissimulation de recettes, des présomptions de travail au noir. Et même par Bernard LAPORTE himself, qui n’était surtout pas gérant, seulement actionnaire, rien de plus, à peine majoritaire, des retraits en argent liquide de caisses dont il n’avait pas la clef. C’est d’ailleurs marrant qu’on apprenne tout ça parce que, s’il y a un endroit dans l’administration où on cultive la discrétion professionnelle, c’est bien cette direction nationale des enquêtes fiscales. Mais peut-être qu’il y a parmi ces fonctionnaires mutiques un être pervers animé d’une haine farouche du rugby, surtout quand on perd ? Et là, ce n’est plus Philippe COURROYE qui le dit, c’est le PRESIDENT lui-même, celui qui a été élu par 53% des Français (pauvres ségolénistes dévots !) pour apporter des solutions, pas pour commenter l’actu mondiale, qui déclare qu’il faut bien que la présomption d’innocence serve à quelque chose. Présomptons, présomptons, il en restera toujours quelque chose.

vendredi 19 octobre 2007

FAUT PAS D' RETARD A LA PUBLICATION

fAUT PAS ATTENDRE POUR POSTER !


J’avais écrit « Pourquoi Cecilia » depuis plus d’une semaine et parce que, quand même, cette affaire si privée et tellement publique, ça me troue, je l’avais pas encore publié. Hier matin je me dis faut y aller et je le mets sur le blog. Je le poste vers 11 h du mat, j’allume la radio vers midi et paf voilà que le communiqué de l’Elysée me tombe sur le museau et que d’un seul coup mes petites questions, pfuiit, obsolètes, dépassées.

LES CROCHETS SE SONT DECROCHES

Elle s’accroche pas, il s’accroche plus. Et comme ils avaient prédivorcé, les conventions étaient prêtes et le juge n’avait plus qu’à les recevoir, séparément parce que mieux vaut éviter les risques d’une explosion dans son bureau (son cabinet, disent les juristes, mais je trouve que pour les affaires familiales ce mot est trop bien adapté) ou pire qu’un photographe traîne par là et, coup de chance de sa vie, prenne le cliché définitif. Quoique définitif avec ces deux-là …

UNE QUESTION ??

Donc reste une question : elle a toujours été là dans son travail politique et manifestement elle lui a donné beaucoup de bons conseils, elle a efficacement ôté des épines et des cailloux de son chemin et il a pu continuer à avancer malgré ses crises périodiques de déprime entre deux vagues irrépressibles de contentement de lui-même. Elle lui a coûté aussi beaucoup d’énergie, les scènes de ménage ça use des kilowatts entre cris, consolations et essuyage de larmes. Mais enfin elle était là, elle filtrait, elle introduisait, elle téléphonait pour lui (même lui n’a que 24 heures par jours, moins le temps passé à la requinquer, à serrer la louche aux électeurs, à faire la bise à Louis, à répéter pour la vingtième fois la même astuce lepéniste ou jaurésienne, …). Elle n’est plus là. Qu’est-ce que ça va lui faire à lui comme effet ? Les vieux potes qu’elle a écarté, ils vont s’accrocher pour revenir. Mais les nouveaux potes vont résister de toutes leurs forces. Et les paparazzi, ils vont continuer de la poursuivre : s’ils peuvent clic/clac piéger le nouvel amoureux dans leur boite numérique et hop le refiler à Gala, Entrevue, Closer, VSD, et Match (on peut vraiment pas le mettre dans une autre catégorie, le pauvre), sans parler des étrangers, les magazines je veux dire, qui, c’est bien normal pour des étrangers ne respecteront aucune de nos délicieuses et surannées convenances. Convenances que le goût de paraître de notre Nico aura sérieusement mises à mal. Comment il va réagir devant une couverture de VSD où elle ronronnera rayonnante à coté d’un beau de 1m90 ? Quand elle s’était tiré une première fois parce que c’était vraiment plus possible et que le beau tentateur brun aux yeux de velours était passé à portée de regard et de main, il était devenu impossible. Toujours aussi intelligent, aussi malin, mais franchement impossible. Il ne pouvait plus hurler après elle, alors il hurlait après les autres, les petits conseillers suspendus à son bon vouloir comme les grands féodaux qui le contrariaient. Son coup s’agitait comme celui d’une tortue épileptique dans ses cols de chemise déboutonnés. Son élocution hachait menu les mots expulsés de plus en plus vite. Par exemple que dira-t-il de M. Trichet quand la photo de Closer fera monter son adrénaline ?

ET MAINTENANT ???

Pauvres petits français qui n’ont pas voté pour lui mais qui aimaient bien cette incarnation de la famille moderne. Pauvres petits français qui ont voté pour un couple à la Kennedy qui allait faire glamour-glamour à l’Elysée et dans les voyages officiels, éteignant de leur charme explosif toutes les mémés qui peuplent les Elysée et Matignon locaux ! Que de déceptions. Alors quand en plus ils verront les résultats, je vous dis pas ! Mais si, je le dis.

jeudi 18 octobre 2007

AH ! POURQUOOOIII CECILIA ?

Ah pourquoooiii Cecilia sans répit me quittes-tu ? D’me quitter Cecilia pourrais-tu te passer ???

Une des deux vraies questions : pourquoi est-elle restée si longtemps ? Deuxième vraie question : pourquoi s’il y tient tant, ne reste-t-il pas scotché à elle ? Pour un Richard Attias connu pour elle, combien d’inconnues (pas de tous) pour lui ? Dans le compte on oubliera la malheureuse journaliste du Figaro condamnée au rôle de kleenex (on espère au moins qu’elle a gardé les courses de chez Darty). Ne parle-t-on pas avec iun air entendu d’une interprète au regard si insistant qu’il en est devenu captivant ? et toutes les autres, celles qui ont valu à Laurent SOLLY qui, comme chef de cabinet gérait l’agenda personnel de Sarko, d’être l’objet d’une rancune féroce de celle qui n’a pas envie de rester notre Première Dame. Remarquez, pour devenir DG chez TF1, ça me plairait bien qu’elle m’exècre : les sous, les pipoles, la courtisanerie des politiques, les invitations par les milliardaires … je vais y réfléchir

En fait il y a des tas de questions. Comment peut-il supporter des coups comme celui de l’abstention au deuxième tour ? Comment peut-il supporter le coup de l’angine blanche au pique-nique avec les Bush (sauf que là nous aussi nous devons supporter cette incroyable grossièreté) ? Comment peut-il supporter le coup du départ du G8 où elle laisse tomber tous les conjoints (et justement Joachim Sauer, le mari d’Angela, était venu parce qu’elle était là (pareil : la grossièreté, c’est nous qui …) ?

Le Nico, ses colères alimentent sa célébrité. Peut-être qu’elle s’en lassait elle aussi des colères, des hurlements, et peut-être pas seulement des hurlements. Ne se dit-il pas (mais dirait Martinon : les rumeurs …) que, lors du grand débat de la campagne, celui que Ségo croyait avoir gagné avec sa vertueuse indignation et qu’elle a perdu parce que lui ne s’est pas indigné, ne se dit-il pas qu’elle avait dans son petit paquet de notes sagement posé devant elle (elle est ordonnée, elle ne peut pas s’en empêcher) la copie d’une main courante d’un commissariat de banlieue qui, si ça se trouve, serait bien celui de Neuilly ? Ne se dit-il pas aussi que ce serait au moins la deuxième ? Mais c’est drôle comme dans certains cas on apprend facilement ce qui se passe de croustillant dans un commissariat (vous vous souvenez de ce conseiller de Raffarin : à 6 h du matin la presse était prévenue), mais dans d’autres cas quel silence discipliné !

Alors peut-être est-ce vraiment difficile de ne pas supporter des sautes d’humeur d’une femme quand elle dispose de documents pareils sur un mari qui occupe des fonctions pareilles ?

Il s'accroche, certes. Mais peut-être en a-t-il aussi assez de devoir grimper sur un tabouret pour un bisou ? elle est revenue, il est devenu président. Elle s'en va, restera-t-il président ? déjà le New York Times le décrit, ce qu'aucun journaliste français ne fait (qui est myope ? qui est astygmate ?), plein de tics (il veut dire beaucoup plus que d'habitude), marchant de travers, la parole saccadée. Un président qui va nous faire une grosse déprime ? avec des crises d'excitation quand il aura forcé sur le médoc. sur le m'edicament j'veux dire : il ne boit pas, ou alors en cachette.


dimanche 14 octobre 2007

(Trois) brèves d'actu sur la Sarkolandie


D’abord l’ADN

Sarkométrie n°2 : la technique de la provoc. Sarko (Hortefeux = Sarko) sort dans un projet de texte une énormité. Poussée d’adrénaline chez les bonnes âmes, qui ont raison de s’indigner mais par définition l’indignation ça se calme. Les capsules surrénales ne peuvent pas produire de l’adrénaline en continu. Donc on se calme, on entre en discussion, la provoc est modifiée par d’innombrables sous-amendements. Les sénateurs chevrotent, ils ont même, quels audacieux ! voté contre en commission des lois. Mais en séance ils ont dans leur langage fleuri remercié le ministre d’avoir été si sensible à leurs petits frissons humanistes et républicains, d’avoir si bien su entourer des « nécessaires précautions » l’emploi de cette indignité. Et couchés, forcément couchés dirait Marguerite, ils ont voté pour en séance. D’accord, c’est plus tout à fait le même test : seulement pour la mère, payé par l’Etat français, avec un juge. OK mais la bataille de principe est gagnée. L’ADN est là. Sarko a gagné, avec l’aide de son porte-flingue patenté, d’autant plus porte-flingue qu’il a eu tellement peur d’être disgracié juste après la présidentielle. Ils ont gagné avec l’aide de l’inestimable MARIANI, celui à coté duquel l’addition de Le Pen, Gollnisch et Maigret fait figure de ratatouille laxiste. Un pas de plus vers l’ADN généralisé : la paternité contestée, le délinquant sexuel, le placé en garde à vue, l’immigrant. On parie que la prochaine étape, ce sont les enfants agités à partir de 3 ans (vous vous rappelez l’enthousiasme de Sarko devant le rapport de l’Inserm sur les enfants agités dont on sait dès l’âge de 3 ans qu’ils délinqueront, sauf si on les fourre dans la bonne maternelle, celle où on materne pas ?) La souris grignote son gruyère à petites bouchées et en silence, Sarko et ses affidés nous bouffent à grandes bâfrées et à grand bruit.

Et toujours à plat ventre, ils ont à nouveau voté pour en commission paritaire avec les députés dans la même position.

Ensuite EADS

Il y a beaucoup de chapitres avant, mais il faut bien commencer quelque part.

Donc FORGEARD devient coprésident d’AIRBUS après une guerre sanglante chez Lagardère qu’il gagne grâce à l’appui de Chirac qui n’a jamais manqué une occasion de soutenir un homme d’argent de ses proches (pourquoi les hommes d’argent plus que les autres ?). Normalement il est tout content le Forgeard et il se met à bosser : un poste superbe, un salaire énorme, des stocks-options gigantesques et des défis techniques magnifiques, y a de quoi bosser non ? Et ben non il bosse pas. Enfin si : il préside des tas de réunions. Et tout son travail, le vrai, il le consacre à un objectif, un seul : devenir le seul chef, tuer la coprésidence franco-allemande (les Allemands n’ont pas aimé et ils le font payer tous les jours au gouvernement français, donc à nous citoyens et contribuables). Même pour un Forgeard, les journées ne durent que 24 heures et il ne peut plus veiller à l’avancement de l’A380 qui rencontre, c’est bien normal pour un engin pareil, des problèmes colossaux de mise au point. C’est lui qui doit cornaquer les usines allemandes, c’est à Hambourg que s’accumulent les erreurs : il ne voit rien, son œil est fixé sur la ligne bleue des Vosges et de la présidence unique.

Je ne travaille pas dans l’aéronautique puisque je suis retraité. Mais je n’y étais pas non plus auparavant. Mais j’ai des copains, des amis, des relations, des DRH, des ingénieurs, des consultants et je papote cool relax avec eux. Et bien on me raconte que pour l’A380, le premier retard annoncé en 2005, ce ne sera pas le dernier. Vers octobre 2005, on me raconte que les ingénieurs se prennent vraiment la tête : il y a des câbles qui se présentent à Toulouse ni avec la bonne longueur ni devant les bonnes connexions, il faut retoucher tout ça mais on n’y arrive que très difficilement, au prix de milliers d’heures d’un véritable ravaudage, de centaines d’allers-retours Toulouse Hambourg des ingénieurs et des techniciens et de millions d’€ qui deviennent des centaines de millions, qui dépassent le, les milliards et continuent de grimper entre frais techniques, pénalités de retards et trous de trésorerie.

Alors si dans ma paisible retraite francilienne j’en entends parler, qui peut croire qu’en mars-avril 2006 personne n’en parlé à Forgeard, à Enders, à Lagardère (lui, on lui en sûrement parlé, mais c’est pas sûr qu’il ait entendu : c’est pas de la presse coco, c’est pas du sport), et Gut, le stratège du commerce Airbus : aucun d’eux n’aurait rien su entre toutes les réunions, tous les reportings (des milliers de pages de listings), toutes les « operations reviews » ? C’est pas bien de nous prendre pour des crétins (quoique … nous nous laissons faire avec une telle constance : comment, pour eux, résister à la tentation ?).

Et alors, tous, avec un bel ensemble, ils vendent sur la même période. Les petits actionnaires s’euphorisent, ça y est : Airbus a enfoncé Bouingbouing malgré les subventions de la Nasa, alors eux ils achètent. Forgeard, célèbre pour son mélange radinerie-cupidité : 3.811.000 € de plus-values, 4.054 mois de SMIC net, 337 années de Smic net. Je sais, c’est démagogique comme argument, il y a quand même presque 3.000.000 de personnes qui vivent avec le SMIC et si on leur répartissait la plus value de Forgeard, ça ferait pas grand chose pour chacun. Et Lagardère, il ne s’agit plus du même ordre de grandeur : il s’évite 700 millions d’€ de pertes.

Et notre gouvernement, en charge de notre intérêt général, c’est à dire pas de leurs intérêts particuliers, et actionnaire de référence d’EADS. Lui non plus ne sait rien, mais alors rien de rien. Et pourtant il s’est posé des questions : ne devrait-il pas vendre lui aussi, juste pour renflouer un peu un Trésor qui emprunte 110 millions d’€ par jour ? non, il n’a pas vendu parce qu’EADS c’est stratégique. C’est tellement stratégique qu’il ne sait rien de ce qui s’y passe. Pourtant sur la note de l’Agence des participations de l’Etat qui pose au ministre Thierry Breton la question d’une vente éventuelle, il y a une phrase manuscrite. Manuscrit, ainsi l’ordinateur n’en garde pas trace, mais hélas les photocopies existent. Cette phrase dit qu’il est « important que les actionnaires se déterminent rapidement, les bruits actuels risquant de peser sur le cours du titre ». C’est un très haut fonctionnaire le directeur de cette Agence et en plus c’est un vrai financier. Il connaît le poids des mots, plus lourd chez les financiers que dans beaucoup d’autres Il maîtrise donc la litote, mais ses lecteurs connaissent le code. Et en plus il l’a écrit de sa main : c’est donc la seule phrase à laquelle le ministre fera attention et bien sûr qu’il lui demande : « que voulez-vous dire ? » et s’il ne le lui demande pas, c’est qu’il le sait déjà. L’omniscient Thierry, si fier de tout savoir tout le temps, ne savait rien ce coup-ci, juste sur ce coup-ci. Quoique, si on se rappelle bien, le coup de la modestie oublieuse, il nous l'a déjà fait : il y a quelques années quand il y a eu un problème de rémunération tout à fait irrégulière (déjà des sous, déjà de l'irrégularité) chez RHODIA, Breton en était administrateur et meme membre du comité des rémunérations. Il avait rien vu, rien entendu, rien lu. Il ne savait pas. Il a même dit "je n'étaisqu'un petit admiistrateur". Réaction de sa femme :"C'est bien la première fois que Thierry est petit !"

Et la Caisse des dépôts, « le bras armé de l’Etat ». Cette formule ne veut rien dire, sauf qu’elle dit tout. L’Etat veut du HLM, elle fait du HLM. L’Etat veut de la politique de la ville, elle bascule dans la politique de la ville. L’Etat veut de l’aide aux pays africains, elle finance de l'aide au développement (ou du sous-développement, ça dépend si on est gouvernant ou gouverné). Alors là, tout d’un coup, toute seule, elle décide d’acheter 2,5% du capital d’EADS (environ 600 millions d’€). A la Caisse des dépôts, les procédures tiennent sur des mètres de rayonnage, en particulier sur l’information de la Commission de surveillance avec ses parlementaires et ses représentants de l’Etat. Mais la Commission, l’équivalent du Conseil d’administration, n’a appris cet investissement que le lendemain et le ministre lui il ne l’a appris que le surlendemain « par la presse », il l’affirme devant la commission des finances du Sénat. Dirons-nous « Je crois puisqu’il l’a dit » ?

La République est bien là. Grâce à laquelle nous nous félicitons chaque jour de n’être pas né birman. Et avec ses petites et grandes bassesses/crapuleries.

ET, CERISE SUR LE GATEAU, LA CAPORALETTE DE LA CULTURE !

ALBANEL, Christine de son prénom : vous voyez qui c’est ? La cultureuse de Chirac, discrète, sympa, connue de tout ce petit/grand monde de la culture depuis si longtemps. Un premier couronnement : patronne du Château de Versailles. Et là, divine surprise : Sarko pour qui la culture contemporaine se résume à Renaud (Line), Reno (Jean) et Clavier (Christian), tous difficiles à nommer ministre de la Culture, et bien il choisit Christine ALBANEL. Il lui fait le coup de la lettre de mission : en deux ans elle doit tout régler et faire de la France le phare culturel mondial qu’elle fut entre 1600 et 1800. Fastoche le défi.

Alors elle, elle est heureuse. Forcément le ministère de la rue de Valois est superbe. Il faut donc durer au moins deux ans. Elle est discrète, dur pour un ministre de la Culture, mais intelligente et elle connaît les mécanismes de Cour (en fait elle a même commencé à l’Elysée sous Giscard : Giscard + Chirac + Sarko, ça doit être un record qui témoigne de la maîtrise des mécanismes de la Cour). Alors elle a compris que, plaire à Sarko quand on est discrète, c’est pas forcément facile. Alors elle cherche comment faire et elle a une idée : dans quel métier Sarko s’est-il éclaté ? FLIC. Donc devenir fliquette, ou caporalette, ça doit marcher.

1ère manifestation de cette vocation « La loi et l’ordre » : l’engueulade à un directeur de théâtre qui s’est épanché sur sa douleur devant l’élection de Sarko, et par écrit l’engueulade. Henri TAQUET n’en est pas encore revenu. Du théâtre national au théâtre présidentiel, voilà un beau projet culturel !

Confirmation de cette vocation. Dans la nuit du 5 au 6 octobre, 5 jeunes complètement bourrés secouent vaguement une porte du musée d’Orsay : la porte s’ouvre. Des milliers de tableaux, une valeur incalculable et la porte s’ouvre dans la nuit. Vous vous dites : les mecs, ils ont dû faire une drôle de tête quand les alarmes se sont déclenchées ! Eh bien non : elles ne se déclenchent pas. Ils divaguent dans le musée, ils dégueulent par terre et pour finir, les pauvres cloches, ils filent un grand coup de poing dans un tableau de Monet. Très con. La ministre est indignée, c’est le moins qu’elle puisse faire. Mais ça ne suffit pas, on est sarkoZZZiste ou pas. Elle l’est.

Donc elle déclare avec beaucoup d’émotion, mal contenue, tout juste si on ne perçoit pas un sanglot dans sa voix ferme de ministresse de la République : « Il faut voir comment on peut aggraver les sanctions quand il y a intrusion dans des musées, des églises et des monuments". Une connerie quelque part, une loi. Deux conneries : deux lois. Trois conneries, trois lois. Alliot-Marie et les chiens dangereux : deux drames, deux groupes de travail pour préparer deux renforcement de la loi. Les chiens on va les euthanasier, la troisième fois c’est leurs propriétaires qu’on va liquider). A ce rythme le Parlement va s’épuiser, le Journal officiel va éradiquer les forêts et Thierry MARIANI sera obligé de faire du copier-coller avec ses amendements.

Bonne route, Christine, pour le Panthéon des Malraux, Duhamel et Lang !