dimanche 21 octobre 2007

LAPORTE A LA PORTE

La Sarkolandie est un monde merveilleux : la présomption d’innocence y tient lieu de passeport gouvernemental.

NICO, L'APPRT ET LE PROC

Le petit Nico est sa grande Cecilia, qui partageait tout dans leur couple fusionnel, on peut aussi penser que de temps en temps il parlait de l’argent du ménage. On peut donc supposer qu’ils ont ensemble parlé de l’acquisition de leur appart de Neuilly, le modeste duplex dans l’immeuble construit par la sympa promotrice LASSERRE, vieille dame charmante dont l’âge excuse aujourd’hui les défaillances de la mémoire, à laquelle le maire de 1983 à 2002 – ce qui donne du temps pour nouer des relations durables - de la populaire (populacière ?) commune de Neuilly-sur-Seine. On croit ou on ne croit pas aux expertises immobilières, mais bon, une chose est sure : ils ont payé leur appart moins cher que les autres acheteurs. Nettement. Tellement moins qu’il a fait semblant de demander au directeur des services fiscaux du département si le prix était raisonnable. Oralement, pas par écrit, et le directeur lui a répondu oralement, pas par écrit : mais non, Monsieur Mon Ministre, c’est raisonnable. Alors un contribuable neuilléen pas sarkofanatique, ça existe, a déposé une plainte dès fois que la libre justice de notre grande république pas bananière y trouverait comme un délit d’ingérence. Et bien, record absolu de vitesse, le procureur de Nanterre, Philippe COURROYE, celui qui a poursuivi pendant des années Jean-Christophe Mitterrand (le fils de …) pour un trafic d’armes où les armes n’étaient pas de fabrication française, n’ont pas été achetées ni vendues en France et n’ont pas transité par la France, eh bien! là il ne lui a pas fallu trois mois pour décider qu’il n’y avait aucun délit d’aucune sorte, de manière tellement évidente qu’il n’y a même pas besoin d’une instruction. C’est pas admirable que le procureur du plus gros tribunal de France après celui de Paris ait une telle puissance de travail qu’il puisse arriver à une telle conclusion en si peu de temps, au milieu de toutes les autres affaires dont il a à s’occuper, les gosses de banlieue qui ont stationné dans les halls d’immeubles, les mamans au chômage qui ont volé chez Lidl un (deux ?) paquets de pâtes, les crapuleries des syndics d’immeubles et celles des administrateurs judiciaires du tribunal de commerce. Innocent, on est présumé innocent, je vous le dis. Dites dans les Hauts de Seine que vous êtes innocent : ça marche.

SANTINI, L'INNOCENCE PAS ENCORE : LE PROC ETAIT PAS LA

D’ailleurs c’est bien ce que fait André SANTINI. Maire d’Issy-les-Moulineaux, la ville aux vieilles usines devenue la ville aux beaux immeubles de bureaux rutilants, on sait ce que ça a donné à Courbevoie ou Puteaux (c’est drôle, tout ça est dans les Hauts de Seine), mais c’est forcément différent à Issy. La preuve SANTINI qui avait très envie de présider le Conseil général des Hauts de Seine, eh bien ! il est devenu ministre et comme ça Devedjian, qui voulait devenir ministre et n'a pas réussi, est devenu président du Conseil général. Peut-être que ça s’appelle le jeu des chaises musicales (elles chantent juste ?). Donc SANTINI est devenu ministre. Mais en même temps il est devenu mis en examen. Mais dans les Hauts de Seine on est présumé innocent. Donc il est ministre, présumé innocent et chargé de comprimer les salaires de la fonction publique, en n’augmentant pas trop les fonctionnaires, juste ce qu’il faut pour que ceux qui restent ne pleurent pas trop sur ceux qui ne sont pas remplacés. Et qu’est-ce qu’on parie que le procureur COURROYE, il va mettre beaucoup plus de temps à deviner si finalement SANTINI est coupable qu’il n’en a mis pour découvrir que Nico/Cecilia sont innocents. Parce que là il peut pas tout de suite le trouver innocent, vu que le dossier il a été ouvert avant son arrivée à Nanterre et qu’il a donc été nourri avant que le champion de l’innocence COURROYE puisse le refermer.

LAPORTE, LE NON RUGBY ET LE FISC ET LE RESTE

Mais alors LAPORTE, lui, il est pas de Neuilly, même pas des Hauts de Seine. Alors que vient-il faire là-dedans. Eh bien lui aussi il devient ministre, enfin sous-ministre. Et, oh surprise ! il devient en même temps perquisitionné (15 fois, plus qu'à l’UIMM), et la Direction nationale des enquêtes fiscales, le top du top de la vérification fiscale, elle note : des présomptions d’abus de bien social, des présomptions de surfacturation des achats, des présomptions de dissimulation de recettes, des présomptions de travail au noir. Et même par Bernard LAPORTE himself, qui n’était surtout pas gérant, seulement actionnaire, rien de plus, à peine majoritaire, des retraits en argent liquide de caisses dont il n’avait pas la clef. C’est d’ailleurs marrant qu’on apprenne tout ça parce que, s’il y a un endroit dans l’administration où on cultive la discrétion professionnelle, c’est bien cette direction nationale des enquêtes fiscales. Mais peut-être qu’il y a parmi ces fonctionnaires mutiques un être pervers animé d’une haine farouche du rugby, surtout quand on perd ? Et là, ce n’est plus Philippe COURROYE qui le dit, c’est le PRESIDENT lui-même, celui qui a été élu par 53% des Français (pauvres ségolénistes dévots !) pour apporter des solutions, pas pour commenter l’actu mondiale, qui déclare qu’il faut bien que la présomption d’innocence serve à quelque chose. Présomptons, présomptons, il en restera toujours quelque chose.

Aucun commentaire: