dimanche 25 novembre 2007

SARKOZYYYSME ET NERVOSIIISME

SARKOZYYYSME ET NERVOSIIISME

UNE VIEILLE NERVOSITE

Voilà longtemps que nous sommes familiarisés avec les manifestations de nervosité de notre encore jeune (meilleure manière de dire qu’il ne l’est plus tant que ça) Président qui a été élu par 53% des Français pour résoudre les problèmes et pas pour commenter l’actualité.

Crispation des zygomatiques sur un sourire automatique à coté duquel le visage de Jacques Chirac, malgré ses 25 ans de plus, semble un modèle de mobilité. Manie de taper frénétiquement sur l’épaule de ses interlocuteurs, surtout ceux qu’il n’aime pas (pour résister à la tentation de les escagasser ?). Secousses nerveuses du cou pour se dégager de cols de chemises pourtant coupées sur mesure. Jogging compulsif aux foulées heurtées et sans allonge (’effort de ses gardes du corps pour se contraindre à la petite foulée pour ne pas le laisser sur place !),. Pour le vélo, je ne sais pas, je l’ai jamais vu pédaler mais j’imagine que, vue de dos, la gesticulation doit être savoureuse.

Dans la série nerveuse, il y a aussi l’intempérance verbale. Supposons, pour être gentils, que « karcher » et « racaille » soient des dérapages contrôlés pour cause d’électeurs à conquérir aux dépens de non-électeurs. Mais que dire de ses célèbres colères décibélesques contre ses proches collaborateurs et de la profusion de noms d’oiseaux (pourquoi qualifier du nom de ces charmantes bestioles des injures ??) dont il les gratifie, « connards » étant le plus doux. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose que quand il dit de ses ministres en leur absence « Tous des nuls » ; Ces gens-là s’adorent, c’est bien connu, et la mégalomanie ne se confond pas avec le nervosisme en croissance exponentielle.

Mais après tout à chacun son tempérament et si de dignes préfets, conseillers d’Etat, anciens ou actuels ministres y trouvent une satisfaction qui leur évite un coûteux recours à des dominatrices tout de cuir et vinyle revêtues, pourquoi pas ?

MAIS CA S’AGGRAVE, NON ?

Mais reste-t-on dans le même registre quand notre Président recevant une grandissime journaliste américaine s’emporte devant elle sur l’inopportunité de ce rendez-vous, pourtant clairement inscrit sur son agenda et, l’écouteur déjà vissé dans l’oreille (eh oui ! notre président a l’anglais hésitant), traite son porte-parole d’imbécile après l’avoir interpellé sur son âge mental ? Et quand il plante là la journaliste qui ose, malheureuse américaine peu rompue à nos pratiques courtisanes, insister sur le sujet brûlant qui passionne tous les magazines (et, je l’avoue : moi aussi, les bleus à l’âme et ailleurs de Cecilia, ça me passionne) qu’il a courtisé pendant des années, un peu de glamour en quadrichromie pouvant humaniser la férocité de son ambition ?

Et quand, à bord d’un modeste bateau sur un lac américain (combien de cv ? 500 ? 800 ? pour transporter l’angineuse Cecilia et l’aguichante Rachida (la belle de Cadix aux yeux de velours …) il menace des journalistes américains, pas vraiment paparazzi mais habitués à filmer raisonnablement leur propre président, de leur casser la gueule ?

Et quand il va affronter (manière de parler : il leur a dit par avance qu’ils avaient raison de se révolter parce que, eux, c’est légitime) les pêcheurs, que l’un d’eux l’injurie (« enculé », c’est pas vraiment pire que connard, non ?) et que le Président, dans toute sa majesté de représentant de la France éternelle - la preuve : la muraille de gardes du corps qui l’entoure - lui braille : « descend si t’es un homme », ils sont où les nerfs de ce Président (élu par … ), ou plutôt ils sont dans quel état ? Et notre Etat, il risque quoi avec l’état des nerfs de ce Président ?

Est-ce qu’on s’arrête là ou on pose la cerise sur le gâteau ? Allez, va pour la cerise, en hiver ça ne peut pas faire de mal. Le 21 septembre, devant le Premier ministre irlandais, et donc devant des témoins (interprètes, conseillers diplomatiques …) puis le 3 septembre devant le Premier ministre suédois (donc là aussi avec témoins), il se lance dans un grand discours sur les musulmans. Mais ce n’est pas le fond du discours qui nous intéresse ici (encore que ça le mériterait, mais on ne peut pas tout faire en même temps), c’est la forme. Ceux qui parlent de cet entretien, que disent-ils : un Sarkozy nerveux, qui contrôle mal ses mouvements, qui bafouille, qui s’embrouille. Et attention : ceux qui racontent ne sont pas des journalistes d’opposition qui pourraient avoir très envie de forcer le trait : ça sort des cercles de diplomates (d’accord, y a aussi des langues de vipères parmi eux), mais deux cercles différents qui n’ont aucune raison de vouloir noircir le tableau.

LA NERVOSITE ET LE BOUTON ROUGE, CA NE FAIT PAS BEAUCOUP ?

Valium, Temestat, sexotherapie ? que lui faudrait-il pour retrouver un peu de calme ? Pas l’inertie à la Chirac, non, simplement un peu de calme pour qu’on ne s’inquiète pas des boutons rouges qui sont à portée de sa main droite.

25/11/2007

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