dimanche 16 septembre 2007

CONSTRUCTION DE SA TOMBE PAR LA REINE

EPISODE N°2 : A L’ENVERS

LA REINE CONSTRUIT SA TOMBE

( et elle n’en ressortira pas : l’œil est dans la tombe et regarde Ségolène)

Je vais lister. Ce n’est pas exhaustif, mais c’est sans a priori. Parce que moi aussi j’y ai cru et j’ai voté pour elle, convaincu (vous entendez : con.vaincu).


Les médias m’aiment, donc ils me soutiennent : c'est pas comme ça dans la vraie vie

C’était étonnant, non, cette médiatisation amoureuse ? Même le Figaro oubliait d’être la Pravda. Il y avait bien quelques formules venimeuses comme le Monde les aime, mais noyées dans le torrent des approbations, des émerveillements, des dithyrambes.

C’était en septembre, octobre, novembre quand les jours décisifs étaient encore loin, quand on savait qu’il est inutile de se donner à fond parce qu’il faut économiser ses forces pour se donner à fond sur la fin.

Mais quand arrivent février, mars, que l’échéance se précise, alors là le ton change. La presse de droite revient à droite toute, la presse de gauche revient à gauche toute et les hésitants manifestent leurs doutes. Il ne s’agit plus seulement de vendre des exemplaires, il faut d’abord vendre « le »candidat. Il y en aura quand même pour 5 ans, peut-être 10 !

Et alors là elle ne comprend pas : comment ? ils m’aimaient tant et ils me lâchent ? Comme elle ne supporte pas qu’on ne l’aime pas, qu'on l'égratigne, elle se carapace, se cuirasse, devient mordante (et elle sait l’être sans se forcer). Les médias racontent donc qu’en plus de dire des sottises, elle est méchante. Serait-elle pire que Martine ?


Les experts sont faits pour écrire, pas pour être lus et encore moins utilisés

Il y en a eu, des experts qui ont voulu travailler pour elle, et qui ont travaillé. D'anciens directeurs du trésor, du budget, de l’emploi, de l’industrie, des affaires africaines. D'anciens directeurs de la stratégie de multinationales, des directeurs financiers, des directeurs de recherche. Pas tous anciens d'ailleurs. Des universitaires, économistes, spécialistes des Etats-Unis, du Moyen-Orient, de la Chine, de tout. Par dizaines. Ils ont fait des notes. Au QG de la Madone usée des sondages, une armoire pleine : ils n’ont jamais eu l’ombre d’une réponse, même pas la mention « Vu » dans la marge. Ils ont proposé de participer à des groupes de travail : les groupes ne se sont pas réunis. Tout fiers, ils disaient : je travaille pour elle. Tout penauds, voire un peu rancuniers, ils disaient : je ne sais pas ce qu’elle fait. Et puisque je ne sais pas, ça ne peut pas être bon. Et par cercles concentriques, chez ces gens qui façonnent l’opinion, s’est répandue l’opinion qu’elle est ambitieuse plus que sérieuse, amatrice de coups médiatiques mais allergique au travail de fond. Et leur opinion, ces gens-là savent l’exprimer, ils savent la diffuser. Et Bayrou est si sympa.


On ne va quand même pas répondre à ceux qui nous écrivent !
Ce n’est pas d’hier, mais ça s’est accentué au fil du temps : on écrit au candidat. Le syndicat des gardiens de la prison de Clairvaux, l’association des pêcheurs à la ligne de Gisors, l’amicale des sapeurs-pompiers volontaires du Cantal : par centaines ces syndicats, ces associations, ces clubs de réflexion ou de loisirs écrivent aux candidats importants. Et ils leur posent des questions : êtes-vous d’accord pour instituer une fête nationale des anciens du colonialisme ? des anciens de l’anticolonialisme ? êtes-vous d’accord pour revaloriser le salaire des gendarmes plus que celui des policiers ? celui des policiers plus que celui des gendarmes ? et la mondialisation appliquée à la pêche dans nos ruisseaux, en pensez-vous autant (plus, moins) de mal que nous ?

Par milliers les lettres arrivent. Au QG de Mitterrand, de Chirac, de Balladur, de Jospin, des dizaines de personnes répondaient sans cesse, assuraient que le candidat adhérait pleinement à ces demandes et qu’il n’aurait de cesse de faire ce qu’il fallait. Et ces associations, groupements, groupuscules affichaient les réponses, les publiaient, les commentaient.

Au 282, bd Saint Germain, le 2-8-2, ces lettres ont afflué. Mais la porte du 282 était verrouillée à tous ceux qui ne faisaient pas partie du petit cercle initial et ceux-ci étaient trop importants et trop occupés pour répondre à ce flux. Alors là, ce n’est plus une, ce sont des armoires qui débordaient de lettres même pas ouvertes et restées sans réponse. Les envoyeurs pouvaient afficher fièrement les réponses de Sarko, Bayrou, Buffet. Mais de Ségo, point de réponse à afficher, ni à publier. Et chacun de se demander : elle n’en pense rien ou elle se fiche de moi ?


Dire (et penser) : je ne dois rien à personne alors que je dois tout à mes électeurs

Ca, c’est vraiment incroyable : dire à ceux qui peuvent vous faire roi (reine) : je ne dois, et donc ne devrai, rien à personne ! Ca sert à quoi de voter pour lui si notre élu ne nous doit rien ?
D’abord elle dit ça à ses électeurs du PS. Elle ne se contente pas de le leur dire, elle le leur montre. Pas d’éléphants auprès d’elle : un Menucci dont la gloire peine à dépasser les Bouches du Rhône, un Bianco, homme estimable et plein de finesse, mais si nostalgique ! Pas de grand meeting socialiste, ça ferait ringard. Tout est porté par Désirs d’avenir et ses internautes. Alors forcément les socialos, ils se démobilisent. La religion des parlementaires est faite : elle va se faire écrabouiller, elle ne va pas nous tirer pour les législatives, je me replie sur ma circonscription, je la laboure et je ne parle pas d’elle. Ils ont bien fait : il n’y a qu’à voir combien ont réussi à se faire réélire après la Bérézina présidentielle.

Le flou dans les idées. Quand ce n’est pas flou, ça inquiète

Y a-t-il vraiment besoin de commenter ? La sécurité, d’accord. Mais l’encadrement militaire ? Sarko n’avait même pas osé y penser. Et d’ailleurs les militaires sont égarés entre Kosovo, Afghanistan, Côte d’Ivoire, alors les rapatrier dans les banlieues … Où est-elle la conviction des socialos sur la prévention ?

Le drapeau tricolore ? On est patriote au PS, mais quand même ! D’accord, on ne la chante plus souvent mais on se rappelle ses paroles, l’Internationale et le genre humain. Et puis on est européen aussi, malgré un référendum calamiteux dû aux sottises stratégiques et tactiques du François si intelligent et si petit. Alors que chacun s’achète son petit drapeau et le mette sur sa pelouse, à son balcon, non, franchement, on n’y aurait pas pensé spontanément.

Et pour couronner le tout, « Aimons-nous les uns les autres », bras ouverts et visage orgasmique.

On continue ou on arrête la liste ?

Le flou, c’est aussi dans les impôts payés ou pas payés

Et la mère La Vertu qui se prend les pieds dans le tapis fiscal. D’abord le refus de répondre aux questions sur les impôts payés. Et comme il y a vraiment trop de risque que ça fuite, on répond. La maison de Mougins : le prix d’un cabanon. L’appartement de Boulogne : moins cher en 2005 qu’en 1992. Qui, dans la France constellée d’agences immobilières prospères, peut faire une aussi mauvaise affaire ? Ce n’est peut-être pas plus voyant que l’escalier intérieur ou les actions oubliées du cabinet d’avocat de Sarko, mais quand même ! Et pendant ce temps le prince consort, qu’on ne sort plus, trouve qu’à 4.000 € on est riche. Qu’est-elle alors : une maharané ? une concubine de nabab ?


La cerise sur le gâteau : battue et contente

Il faut l’avoir vu pour le croire. Le plus mauvais score au 1er tour depuis des décennies. 6 points d’écart au 2e tour (15 fois plus que Mitterrand en 74 !), 2.200.000 voix de moins. Et elle apparaît rayonnante : « J’ai un devoir envers vous, je le remplirai ». Quel autre devoir avait-elle que de gagner, là et maintenant ? Qu’est-ce qu’on en a à faire qu’elle pense déjà à 2012 ? Nous, il va falloir vivre 2007, 2008, 2009, 2010, 2011 avant de penser à 2012. Et il va falloir les vivre avec Sarko, le Sarko de Bolloré, le Sarko de Bouygues, le Sarko d’Arnault, le Sarko de Bush, le Sarko qui ne peut mettre les pieds à Argenteuil. Double cauchemar : Sarko + elle. Je me réveille : ce n’est pas un cauchemar, c’est le réel.

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